Le Voyage dans la Lune

 


Georges Méliès
France, 1902

 


Le professeur Barbenfouillis (Georges Méliès) est président du Club des Astronomes. Il décide de monter une expédition sur la Lune. Accompagné de six savants, il monte dans un énorme obus propulsé par un canon tout aussi gigantesque. Une fois le coup tiré, ils atterrissent dans l’œil de la Lune. Arrivés sans encombres, ils découvrent le clair de Terre et s’endorment épuisés. Leurs aventures commencent…

 


Le Voyage dans la Lune est une féerie qui prend pour thème la science fiction. En effet, c’est bien un monde futur qui est évoqué (plus de soixante ans avant les premiers pas sur la Lune) mais l’univers dans lequel évoluent les personnages est celui des spectacles de cabaret du XIXe siècle. C’est cette combinaison de science de l’avenir (l’amerrissage de la fusée à la fin du film est incroyablement prophétique) et de fantaisie poétique (les étoiles de la Grande Ourse remplacées par des têtes de Girls découpées) qui rend l’œuvre de Méliès si touchante et si irradiante aujourd’hui. Bien entendu, il faut se replacer dans le contexte de l’époque pour apprécier la qualité des effets spéciaux et la richesse de l’imaginaire de l’auteur. À ce titre, la séquence de la fusée qui perce l’œil d’une lune au visage humain, restera pendant des dizaines d’années, une des images les plus célèbres et emblématiques du cinéma français. Techniquement, il constituera une avancée telle dans le domaine des effets spéciaux, qu‘il relança toute une partie de l’industrie cinématographique au début du XXe siècle, alors en perte de succès. Bon nombre de producteurs, Charles Pathé en tête, se lancèrent dans des productions cinématographiques plus ambitieuses. À ce titre, de nombreux historiens voient dans Le Voyage dans la Lune la réelle première fiction de l’histoire du cinéma.

 

 

SUPERPRODUCTION !
Il s’agit de la première production importante du cinéma français. Plus de trois mois de tournage ont été nécessaires, ce qui est un record pour une époque où l’on tourne en deux ou trois jours. Le coût de la production fut de 10 000 francs. On tournait plus de vingt films pour ce prix-là. Et bien entendu sa longueur. En 1902, la durée des films était d’une moyenne de quatre minutes. Celui-ci en faisait plus de quatorze.

 

 

LA NAISSANCE DU PROJET
Georges Méliès déjeune au restaurant avec son neveu Paul, fils de son frère Gaston. Ce dernier est passionné des romans de Jules Verne. Il lui demande de rendre compte, à sa manière, de ce qui pourrait se passer sur le sol de la Lune. Méliès répond « Rien de plus facile ! » et se lance aussitôt dans la pré-production de ce qui deviendra son œuvre la plus importante.

 

 

UN DÉMARRAGE DIFFICILE
Terminé en été 1902, le film se vend mal car les forains sont effrayés par sa durée. C’est Méliès lui-même qui prendra sa bobine sous le bras pour se rendre à la Foire du Trône. Il s’installe dans son propre baraquement, dessine lui-même son affiche et ne reçoit que quelques curieux. Une semaine plus tard, c’est une file d’attente interminable qui se dresse devant l’entrée. Le film sera le plus gros succès de toute la carrière de Georges Méliès.

 

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Le Voyage dans la Lune
France, 1902, 16mn, couleur, format 1.33

 

Réalisation : Georges Méliès
Scénario : Georges Méliès d’après Les Premiers hommes dans la Lune d’Herbert George Wells et De la Terre à la Lune de Jules Verne
Photo : Michaut, Lucien Tainguy
Musique : sonorisé par le groupe Air
Montage : Georges Méliès
Décors : Georges Méliès, Claudel
Effets spéciaux : Georges Méliès
Production : Star Film (1902) – Lobster Films-Fondation Groupama Gan-Fondation Technicolor (2011)

 

Interprètes : Georges Méliès (le professeur Barbenfouillis), Bleuette Bernon (Phoebé), Victor André, Depierre, Farjaux, Kelm, Brunnet (les membres de l’expédition), Henri Delannoy (le pilote de la fusée), Lallement (l’officier), les danseuses du corps de ballet du Châtelet (les Girls), les acrobates des Folies-Bergère (les Sélénites)

 

Sortie en France : 1e septembre 1902

 

C’est la version en couleurs restaurée par Lobster Films, la Fondation Groupama Gan pour le Cinéma et la Fondation Technicolor pour le Patrimoine du Cinéma, qui sera projetée en ouverture de la Nuit de la Science-Fiction. Le film n’a pas été colorisé à partir d’un support noir et blanc. Il s’agit bien d’une version originale couleur, peinte à la main, comme Georges Méliès en sortait pour ses plus grands titres. 13 375 images restaurées une à une à partir du négatif de Lobster Films ont été assemblées pour obtenir la version couleur du Voyage dans la lune de George Méliès. La bobine, longtemps considérée comme perdue, fut retrouvée à Barcelone en 1993. Cette version restaurée a été présentée pour la première fois en ouverture du Festival de Cannes 2011.

 

Provenance de la copie : Lobster Films, Fondation Groupama Gan et la Fondation Technicolor
Film restauré en 2011 par Lobster Films, la Fondation Groupama Gan pour le Cinéma et la Fondation Technicolor pour le Patrimoine du Cinéma.
Ressortie en salles le 8 décembre 2011
Distributeur : mk2
 






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