Muets en couleurs

12 films primitifs en couleurs (1896-1914, 54 min)


Séance exceptionnelle le Alpha Cinéma
Montage réalisé par la Cinémathèque de Bologne

PREMIERS PAS EN COULEURS
UNE INTRODUCTION À UN AUTRE PASSÉ DU CINÉMA


Par Gianluca Farinelli de la Cinémathèque de Bologne


La couleur ! Les images des lanternes magiques étaient vives et colorées. Au XIXe siècle, les arts se nourrissaient de la couleur : le mouvement orientaliste, les impressionnistes et la peinture de Turner, même les vêtements. Les fêtes en plein air – civiles, militaires, religieuses – étaient aussi de formidables spectacles en couleurs. En 1896, Maxime Gorki constate que le cinéma a une faiblesse : « J'étais hier au Royaume des Ombres. Si seulement vous saviez comme cela est étrange. Un monde sans couleur, sans son. Tout ici – la terre, l'eau et l'air, les arbres, les gens – tout est fait d'un gris monotone. Les rayons gris du soleil brillent dans un ciel gris. Les yeux sont gris dans des visages gris, grises aussi les feuilles des arbres. Ce n'est pas la vie, mais son ombre ; ce n'est pas le mouvement, mais son spectre muet. J'ai vu le Cinématographe Lumière... »
En effet le cinéma dût rapidement faire face à ce problème. Il recourut d’abord à la technique de la coloration à la main développée à l’origine pour la photographie. Puis, à travers des modifications et des perfectionnements successifs, à un système de coloration manuel et mécanique, dit au pochoir. À Vincennes, dans les établissements Pathé, deux cent vingt ouvrières exécutaient ce travail. Bien avant de conquérir la parole, le cinéma fut pensé en couleur. Une couleur qui n’était pas la réalité, mais qui l’imitait, parfois la transformait. Couleur sans nuance, étonnante, fragile, explosive. L’arrivée définitive du long métrage, l’invention du son, l’apparition du Technicolor et surtout d’Agfa et Eastmancolor, feront rapidement oublier cette époque magique de la couleur sans parole.
Pour les restaurateurs de films que nous sommes, la recherche des couleurs du muet était un défi presque impossible. D’abord parce que durant de nombreuses années, les cinémathèques, dans un souci d’économie, ont tiré des copies en noir et blanc. Et si la plupart de ces copies d’époque, en nitrate, sont parfaitement conservées, elles sont cependant trop fragiles et trop dangereuses aussi (le nitrate est inflammable), donc impossible à projeter. Il nous a fallu tirer des copies en essayant de nous rapprocher de la luminosité, de la transparence, de la vivacité des couleurs d’origine. Et aujourd’hui, grâce à la technologie numérique, nous commençons à approcher la beauté d’origine. Beaucoup de travail reste à faire, mais le résultat n’est plus si loin. On en fera la démonstration !


Gianluca Farinelli

Traversée des Alpes françaises en automobile
France, 1911, 5min, teintures et vitrages, format 1.33
Production : Gaumont
Cinémathèque de Bologne, Cinémathèque Royale de Belgique

Les Bords de la Tamise d’Oxford à Windsor(Sul Tamigi)
France, 1914, 6min, pochoir, format 1.33
Production : Éclectic-Films
Distribution : Pathé Frères
Cinémathèque de Bologne

Danse serpentine
France, 1896, 2min, colorié à la main, format 1.33
Cinémathèque de Bologne
Le Tango
France, 1905, 3min, colorié à la main, format 1.33
Réalisation : Alice Guy
Production : Gaumont
Cinémathèque de Bologne

Le Spectre rouge
Francia, 1907, 9min, pochoir, format 1.33
Réalisation et trucages : Segundo de Chomón
Interprétation : Julienne Mathieu
Production : Pathé Frères
Musée national du cinéma de Turin et Cinémathèque de Bologne
 
Les Floraisons (La fioritura dei lillà)
Francia, 1912, 5min, pochoir, format 1.33
Production : Pathé Frères
Cinémathèque de Bologne
Bébé nègre
Francia, 1911, 6min, couleur, format 1.33
Réalisation : Louis Feuillade
Interprétation : René Dary
Fondation de la Cinémathèque allemande, Gaumont Pathé Archives
 
Mammifères américains : paca, coati, tatous, maras (Mammiferi americani)
Francia, 1914, 5min, pochoir, format 1.33
Production : Pathé Frères
Cinémathèque de Bologne
Coiffures et types de Hollande (Cuffie della frisia)
Francia, 1910, couleur
Production : Pathé
Intertitres italiens
Cinémathèque de Bologne
Dans l'hellade
France, 1909, 7min, Noir et blanc et pochoir, format 1.33
Réalisation : Charles Decroix
Interprétation : Stacia Napierkowska
Cinémathèque de Bologne
Magie moderne
France, 1908, 2min, pochoir, format 1.33
Réalisation, photo, trucages : Segundo de Chomón
Interprétation : Julienne Mathieu
Production : Pathé Frères
Musée national du cinéma de Turin

Festa pirotecnica nel cielo di londra
Grande Bretagne, 1911, 4min, couleur, format 1.33
Production : Urban
Musée national du cinéma de Turin

 

Le Tango
France, 1905, 3min, colorié à la main, format 1.33
Réalisation : Alice Guy
Production : Gaumont
Cinémathèque de Bologne
 




Accompagnement au piano : Raphael Chambouvet

 

Provenance du programme : Cineteca di Bologna (Italie)
Les films sont issus des collections de la Cinémathèque de Bologne (Italie), La Cinémathèque Royale de Belgique, le Musée national du cinéma de Turin (Italie), la Fondation de la Cinémathèque allemande et Gaumont Pathé Archives (Paris). Ils ont été restaurés par L’Immagine ritrovata, le laboratoire de la Cinémathèque de Bologne en 2010 et 2011, et pour deux d’entre eux avec le concours de Gaumont Pathé Archives, et de la collection Amos Levoni.




  • Partenaires médias :
  • France Télévision 2011
  • France Inter 2011
  • Variety 2011
  • Le monde 2011
  • Studio Live 2011
  • Petit Bullettin 2011
  • Evene 2011
  • Telerama 2011

  • Partenaires transport :
  • Trans Air France 2011
  • Trans Renault 2011
  • Trans RA 2011
  • Trans RER 2011
  • Trans Sytral 2011