Bollywood, Bollywood

Rakeysh Omprakash Mehra et Jeff Zimbalist

Inde, 2011


À la manière des légendaires "That’s Entertainment" 1, 2, 3 ("Hollywood Hollywood" 1, 2, 3) produits par la MGM à la fin des années soixante-dix, voilà un film des meilleurs moments de l’histoire du cinéma musical indien à travers un montage puissant et émouvant, qui rend hommage à ce cinéma qui a contribué à faire de Bombay l’une des capitales mondiales de l’histoire du cinéma, et dont il est dit qu’il a fondé l’identité de l’Inde dans le monde.

Adulé par plus d’un milliard de personnes en Inde et cependant encore trop méconnu en Occident, voici la raison ayant conforté Shekhar Kapur, réalisateur de Elizabeth (1998), dans l’idée de produire spécialement pour Cannes ce documentaire hommage à ce genre en soi qu’est le cinéma Bollywood. Le film offre un condensé de ce qu’est l’âme du cinéma indien : une histoire d’amour troublée dès les premières minutes du récit, de la musique qui laisse la part belle aux sonorités folkloriques tout en s’ouvrant aux nouvelles esthétiques musicales, des chansons, de la danse. Ici, on est dans la quintessence, loin des trois à quatre heures que durent les grands films musicaux indiens : la coréalisation entre l’Indien Rakeysh Omprakash Mehra et l’Américain Jeff Zimbalist (à qui l’on doit aussi le magnifique The Two Escobar) permet de se familiariser rapidement avec le cinéma « massala », ses images, ses séquences, ses réalisateurs et ses acteurs : Aishwarya Rai, Katrina Kaif, Amitabh Bachchan, Anil Kapoor et tous les autres. Soixante-dix ans de cinéma s’offrent à nous : diverses séquences entrecoupées et commentées par les grandes figures de Bollywood. « Qu’on l’adore ou qu’on le déteste, explique Shekhar Kapur, qu’on l’identifie à quelque chose d’arrière-garde ou de définitivement moderne, on ne peut s’en passer. Mais avec lui, on se sent plus vivant que jamais. On dit chez nous que c’est la seule culture capable de rassembler tous les Indiens. Depuis plusieurs décennies, c’est une fièvre qui a terrassé toutes les générations. C’est Bollywood ! » Le cinéaste Satyajit Ray, dont les films étaient aux antipodes du cinéma populaire atteste de son évolution vers un art plus soigné que par le passé : « Autrefois, déclara Satyajit Ray, on voyait le chanteur glisser de tronc d’arbre en tronc d’arbre, ou de fenêtre en fenêtre, enlaçant au passage une colonne pour faire plus riche. Maintenant, les chansons font l’objet d’une véritable chorégraphie. » (Écrits sur le cinéma, éd. J.C. Lattès, 1985). Avec Bollywood : la plus belle histoire d’amour jamais contée, préparez-vous à un dépaysement absolu.

 

B COMME…

L’Inde est le plus gros producteur de films, les studios de Bombay sont à l’image des ceux d’Hollywood, d’où la récupération du H par le B pour parler des productions populaires à grand spectacle : Bollywood ! La convention veut qu’il n’y ait pas moins de six chansons dans un film. Le cinéma doit offrir au public un divertissement total. L’objectif est donc de voir le meilleur de l’ensemble des arts présents dans le film : chanteurs, acteurs, décors, chorégraphies…

 

CENSURE 

Dès les années cinquante, la censure se fait implacable dans le cinéma indien. Elle interdit tout lien charnel entre les personnages à l’écran, même le plus simple baiser est proscrit. Bollywood contourne la censure à travers les chansons et les chorégraphies où la mise en scène rivalise parfois d’ingéniosité pour exprimer les cascades (au sens propre comme au figuré !) d’émotions vécues par les personnages. Depuis les années 2000, néanmoins, les baisers sont réapparus.

 

LES STARS DE LA CHANSON 

Les chansons Bollywood occupent la quasi-totalité des rayons dans les magasins de musique, la radio les diffuse à longueur de journée… Elles servent la promotion du film avant sa sortie. Les chanteurs sont d’ailleurs aussi connus que les acteurs : Asha Bhosie a enregistré près de 1000 films ; sa soeur, Lata Mangeshkar, véritable légende, a commencé sa carrière Bollywood à l’âge de 13 ans, et à plus de 80 ans, elle détient toujours le record du nombre de titres enregistrés (environ 50 000 selon la BBC).

 

PARTICIPEZ !

En Inde, la projection débute par la diffusion de l’hymne national. Le public se lève, respectueux, puis le film débute. Lorsque viennent les séquences musicales, si les chansons ont déjà remporté un grand succès, le public les entonne. Enfin, lorsque le bonheur du couple est menacé, il n’est pas rare que le public encourage les acteurs ou leur prodigue des conseils… Avec Bollywood, le cinéma est aussi dans la salle !

 





Bollywood, Bollywood
(Bollywood : The Greatest Love Story Ever Told)
Inde, 2011, 1h21, noir et blanc et couleur.

Réalisation : Rakeysh Omprakash Mehra et Jeff Zimbalist
Scénario : Sabrina Dhawan et Rakeysh Omprakash Mehra
Photo : Ashok Mehta et Tapan Basu
Montage : Jeff Zimbalist, Nishant Radhakrishnan
Décors : Mayur Sharma
Production : Shekhar Kapur, Ronni Screwvala et Trishya Screwvala pour UTV Motion Pictures
Interprètes (dans leur propre rôle) : Aishwarya Rai, Katrina Kaif, Amitabh Bachchan, Anil Kapoor, Madhuri Dixit, Shekhar Kapur, Dev Anand, Shammi Kapoor, Rakeysh Omprakash Mehra, Gulzar, Javed Akhtar, Saroj Khan, Mritunjay, Vinayak, Sawet Kumar, Sunil Saraswat
Inédit en France. Présenté en avant-première mondiale au Festival de Cannes 2011.


Avant première! En présence de Shekhar Kapur

 

Distributeur : Wild Bunch

Provenance de la copie : UTV Motion Pictures, Mumbai (Inde)





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