Jowita

Janusz Morgenstern

Pologne, 1967


Séance exceptionnelle le Alpha Cinéma
Un jeune architecte (Daniel Olbrychski), sportif connu, est sous le charme des yeux noirs d’une jeune femme (Barbara Lass) qui, pendant le bal masqué où ils se sont rencontrés, avait le visage couvert d’un voile. Il fait connaissance d’Agnieszka, étudiante aux Beaux-Arts. Ils tombent amoureux l’un de l’autre. Il n’interrompt cependant pas sa liaison avec Helena (Kalina Jedrusik), la femme de son entraîneur, ni ne peut se priver des moments d’amour avec Dorota (Anna Pleskaczewska), qui fait partie de son équipe, et rêve toujours de la mystérieuse Jowita aux yeux noirs…

Janusz Morgenstern est un réalisateur de grand talent, injustement sous-estimé en-dehors de la Pologne. Les personnages de Jowita, surtout Marek et Agnieszka, sont caractérisés par une prédilection à se créer un monde artificiel où les masques, les identités multiples et la confusion des sentiments sont monnaie courante. Pourtant, la Pologne, à la même période, exaltait les nombreuses possibilités offertes à la jeune génération. Le jeu de masques et de miroirs, à travers la relation entre Marek et Agnieszka, qui mêle réalité et illusion, était le sujet favori de l’écrivain Stanislaw Dygat, d’où le titre de son roman Disneyland, dont est tiré le film. Le réalisateur réussit à donner une image très vraie de Cracovie, préservant l’ambiance et laissant un véritable témoignage sur l’époque. « Il est peut-être difficile pour le spectateur occidental de comprendre le défi que ce film et ses héros, tout comme dans Au revoir à demain (1960), lançait aux gouvernants. Ce genre de jeux psychologiques et sentimentaux, ce penchant pour la vie libre, sans engagements et sans responsabilités, étaient partagés par bien des jeunes dans d’autres pays où cela n’avait rien de subversif. Mais dans un pays où le cinéma était censé donner des témoignages idéologiques, des portraits dans lesquels se révèleraient la vérité sociale officielle, de tels "charmeurs" ne pouvaient provoquer que de nombreuses irritations. » (Jacek Fuksiewicz, Le Cinéma polonais, Éditions du Cerf, 1989).

 

 

 

BIOGRAPHIE
Diplômé de l’école de Lodz, Janusz Morgenstern aura l’occasion durant ses études de travailler sous la direction d’Antoni Bohdziewicz et de Jerzy Kawalerowicz. Il fut assistant metteur en scène d’Andrzej Wajda sur les tournages de Kanal, Cendres et diamants et Lotna. Il réalise de nombreux documentaires, et fait ses débuts en tant que réalisateur de fiction avec Au revoir à demain en 1960. Il réalisera, pour ne citer que les plus connus, La Rose (Rósa, 1962), L’Hôpital (Szpital, 1962), L’Album de Fleischer (Album Fleischera, 1963) et Le Duel (Pojedynek, 1965).

 

 

RÉCOMPENSE
En 1967, au festival de San Sebastian, Janusz Morgenstern fut récompensé pour Jowita par le Prix San Sebastian du meilleur réalisateur.

 

 

CENSURE
Janusz Morgenstern connut quelques difficultés lors de la réalisation de Jowita. Citons quelques films polonais des plus marquants, qui, à cette période, furent victimes d’ennuis administratifs (sorties retardées, nombre réduit de copies, distribution limitée, voire carrément condamnation officielle) : Les Innocents charmeurs d’Andrzej Wajda en 1960, Le Couteau dans l’eau de Roman Polanski en 1962, Signes particuliers : néant de Jerzy Skolimowski en 1964, Quiconque pourrait savoir de Kazimierz Kutz en 1966, Il faut tuer nos amours de Janusz Morgenstern en 1972.

 





Jowita
Pologne, 1967, 1h34, noir et blanc, format 1:85
Réalisation : Janusz Morgenstern
Scénario : Tadeusz Konwicki d’après le roman Disneyland de Stanislaw Dygat
Dialogues : Stanislaw Dygat
Photo : Jan Laskowski
Musique : Jerzy Matuszkiewicz
Montage : Wieslawa Otocka
Décors : Zdzislaw Kielanowski
Costumes : Maria Karmolinska
Production : Jerzy Nitecki, Wieslaw Grzelczak
Interprètes : Daniel Olbrychski (Marek Arens), Barbara Lass (Agnieszka "Jowita"), Kalina Jedrusik (Helena Ksiezakowa), Ignacy Gogolewski (Michal Podgórski), Anna Pleskaczewska (Dorota), Iga Cembrzynska (Lola), Anna Ciepiela (Alina)
Sortie en Pologne : 29 septembre 1967
Le film est inédit en France

 

Provenance de la copie : Polish Film Institute, Warsaw (Pologne)

Jowita fait partie de la collection du Cinema RP (République de Pologne), qui inclut 20 titres à ce jour. Cette collection est un projet de restauration des films les plus acclamés de l’histoire du cinéma polonais, le but étant de leur redonner un second souffle à travers les salles de cinéma, les chaînes de télévision haute définition, les Blu-Ray et DVD en visant la perfection visuelle et sonore du cinéma contemporain. La collection est restaurée sous le parrainage et avec le soutien financier du Ministère de la Culture et du National Heritage de Pologne, et cofinancé par l’Institut du Film polonais (Polish Film Institute).

Le projet est réalisé par la compagnie de Distribution Kino Polska en association avec les studios de cinéma KADR,  OKO, Perspektywa, TOR, ZEBRA, The Chimney Pot, TPS, Yakumama Film, Dukszta&Malisz, TOYA Studios, Studio Company, DubbFilm Studio.





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