La Fiancée du pirate

Nelly Kaplan

France, 1969


Séance exceptionnelle le Alpha Cinéma
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Venues de nulle part, sans papiers et sans argent, Marie et sa mère vivent à Tellier. Main-d’œuvre idéale pour des travaux mal payés, elles occupent un cabanon prêté par une fermière voisine, Irène, qui exige d’elles, en retour, des corvées de servantes. Au décès de sa mère, Marie se trouve seule face aux notables du hameau pour des querelles d’argent. Bravant le risque de se mettre à dos les habitants, elle use alors de ses charmes pour échafauder un stratagème vengeur…

D’origine russe, la réalisatrice et écrivaine Nelly Kaplan est née dans une famille fixée en Amérique du Sud. Quand elle arrive en France dans les années cinquante, elle travaille comme correspondante pour l’Argentine où elle est née. Elle devient ensuite l’assistante d’Abel Gance en 1956 (notamment sur Austerlitz en 1960, Cyrano et d’Artagnan en 1964) ce qui représentera pour elle la meilleure des écoles. Dès 1961, Nelly Kaplan entreprend une série de courts métrages d’art qui sont présentés avec succès dans le monde entier, et en 1967, c’est Le Regard Picasso, réalisé à l’occasion de la rétrospective Pablo Picasso organisée au Grand Palais, pour lequel elle reçoit un Lion d’Or à la Mostra. Pour son premier long métrage, Nelly Kaplan souhaitait « aborder l’histoire d’un individu qui se met volontairement en-dehors des lois et qui se condamne, par là-même, à être maudit. J’ai toujours été attirée par ce qu’on appelle les “sorcières” (les fées ne sont d’ailleurs que des sorcières qui n’ont pas réussi !) et j’ai toujours regretté qu’on s’obstine à les brûler ! » Propos qui prend tout son sens dans le milieu social du film : un bourg paysan, un noyau social synthétique et obtus, que Kaplan a préféré dynamiter. La révolte de Marie va de pair avec un changement de cadence dans le film. Après l’ouverture lente sur le village à la sortie de l’hiver (une vaste étendue de boue sous le ciel), la seconde partie du film est plus rythmée, évoluant conjointement vers la libération progressive de Marie. Le talent de la cinéaste est, entre autres, de provoquer un rire immédiat, teinté d’une pointe de cynisme car chacun se reconnait un peu dans ses personnages. Nelly Kaplan ne fait pas dans la demi-mesure, épinglant avec virulence la lâcheté et l’absence de morale des protagonistes de cette farce, et à travers eux, la société. Un film truculent, incisif, brillant dans lequel Bernardette Lafont « incarne avec bonheur l’image même de la révolte et de la subversion », écrit alors Marcel Martin dans Les Lettres Françaises.

 

MICHEL CONSTANTIN

Cet ancien joueur international de basket, puis journaliste sportif, se vit offrir par Jacques Becker son premier rôle dans Le Trou en 1960.

 

ACCUEILS (DE LUXE)

Michelangelo Antonioni : « La Fiancée du pirate est un film satirique, et le fait même que la satire semble si aigüe démontre que c’est un film réussi. Il possède en outre un côté surréaliste qui lui enlève tout lien direct avec une ambiance donnée. » Jean-Jacques Pauvert : « Il y aura maintenant ceux qui aiment et ceux qui détestent La Fiancée du pirate. Les seconds ne seront pas les amis d’aucuns de ceux dont l’opinion nous importe. »

 

SYMBOLIQUES

Plusieurs détails du film sont volontairement référencés. Ainsi, le nom de village Tellier et les attitudes libérées de l’héroïne ont été choisis par Nelly Kaplan en référence à Guy de Maupassant et son ouvrage La Maison Tellier (1881), dans lequel il dresse le portrait d’une maison close de province et des pensionnaires qui la peuple. En outre, l’idée du bouc comme animal favori de Marie trouve son point de départ dans la représentation populaire imagée de la Luxure, qui chevauche cet animal affilié au Diable.

 

BERNADETTE LAFONT

Muse de la Nouvelle Vague, elle débute avec François Truffaut dans Les Mistons en 1957 (elle le retrouvera en 1972 pour Une belle fille comme moi) et tourne successivement avec Claude Chabrol (Le Beau Serge, 1958, Les Bonnes femmes, 1960), Claude de Givray (Tire au flanc 62, 1960). Sa carrière est lancée et lui permettra de rencontrer des cinéastes aussi différents que Philippe Garrel (Le Révélateur, 1968), Roger Vadim (Et Satan conduit le bal, 1962), Louis Malle (Le Voleur, 1967), Jean-Daniel Pollet (L’Amour c’est gai, l’amour c’est triste, 1971), Jacques Rivette (Out 1, 1972) et bien sûr Jean Eustache pour La Maman et la putain (1972). On la retrouvera à la rentrée dans le nouveau film de Julie Delpy, Le Skylab.

 





La Fiancée du pirate
France, 1969, 1h47, couleur, format 1.66

Réalisation : Nelly Kaplan
Assistants réalisateurs : Joseph Drimal, Nicole Sztabowicz
Scénario : Michel Fabre, Nelly Kaplan, Claude Makovski, Jacques Serguine
Photo : Jean Badal, Jean Monsigny
Musique : Georges Moustaki
Montage : Noëlle Boisson, Nelly Kaplan, Suzanne Lang- Willar, Gérard Pollicand
Décors : Michel Landi, Patrick Lafarge, Jean-Claude Landi
Production : Nelly Kaplan, Claude Makovski pour Cythères Film

Interprètes : Bernadette Lafont (Marie), Georges Geret (Gaston Duvalier), Michel Constantin (André), Julien Guiomar (Le Duc), Jean Paredes (Monsieur Paul), Francis Lax (émile), Claire Maurier (Irène), Henry Czarniak (Julien), Jacques Marin (Félix Lechat), Pascal Mazzotti (L’Abbé Dard), Marcel Peres (Pépé), Micha Bayard (Mélanie Lechat), Fernand Berset (Jeanjean), Gilberte Geniat (Rose), Jacques Masson (Polite), Renée Duncan (Delphine), Claire Ollivier (La Mère), Louis Malle (Jésus)

Sortie en France : 3 décembre 1969

 

Provenance de la copie : Nelly Kaplan





Diaporama :
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Séances



Vendredi 18 octobre à 17h00, MA COMOEDIA / LYON 7




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