La Horse

Pierre Granier-Defferre

Allemagne, France, Italie, 1970


Séance exceptionnelle le Alpha Cinéma
Séance exceptionnelle le Alpha Cinéma
Un patriarche paysan (Jean Gabin) règne sur ses 400 hectares en Normandie et sa famille nombreuse. Un jour, il découvre que son petit-fils est impliqué dans une affaire de drogue. Pour le protéger, il décide d’appliquer ses propres méthodes aux six membres du gang venus le menacer. Lorsque la police mène l’enquête, il fait régner la loi du silence…

« Propriétaire, pour moi, monsieur, c’est un métier ! » C’est même une incarnation physique : celle du personnage d’Auguste, d’un bout à l’autre de La Horse, tragédie moderne, « western normand » contemporain définitivement porté par un Gabin personnage central du récit et qui interprète ici un rôle quasi-muet. Difficile alors de l’imaginer dans les coulisses du tournage tel qu’il se décrivait (dans Paris-Jour du 22 octobre 1969) : « Je ne vais jamais voir mes films. J’ai peur du public. J’admire les acteurs qui n’ont jamais le trac. Il est vrai que ceux-là n’ont pas de talent. Moi je ne sais pas si j’ai du talent, mais j’ai toujours la trouille. » Le terme « horse » désigne l’héroïne. Pourtant, c’est surtout le problème intergénérationnel (relation grand-père et petit-fils) qui intéresse vraiment Pierre Granier-Defferre : « Je devais changer un peu, expliquait-il à la sortie du film, il me fallait prouver que je savais réaliser aussi des œuvres fortes et dures. » (Combat, 11 novembre 1969) Il livre ici, autant qu’une histoire forte et dense, un récit sanglant et violent adapté du roman de Michel Lambesc et s’éloigne de ses films poétiques et intimistes que sont Paris au mois d’août ou encore Le Grand dadais. Avec cette difficulté de mettre en scène un héros négatif – qui plus est campé par un acteur populaire. « J’aime le travail d’équipe, disait Granier, discuter du dialogue avec un auteur, confronter nos idées, étudier les rapports des personnages entre eux. C’est pourquoi j’ai toujours aimé les histoires d’amour qui finissent mal, négativement comme dans la vie. Mais les héros négatifs n’ont pas beaucoup de succès auprès du public. C’est bien dommage. » Avant-dernière chose : des éléments de La Horse se rapprochent des codes du western (règlement de compte, justice personnelle, économie du dialogue, la thématique de la nature, la tribu familiale et le patriarche). Dernière chose : la musique est écrite par Serge Gainsbourg.

 

« GRANIER EST UN METTEUR » : PAROLE DE GABIN

« Renoir m’a tout appris sur le jeu. Comme metteur, un génie ; comme homme, une pute… Duvivier m’a tout appris sur la technique, les objectifs. Il plaçait lui même les projecteurs… Cayatte n’est pas metteur, c’est un juriste-cadreur. Granier-Deferre, c’est un metteur ». (dans Le Cinéma dans le sang, Entretiens avec Bertrand Tavernier, Noël Simsolo, à paraître chez Flammarion)

 

PASCAL JARDIN

Brillamment remis aux feux du jour par son fils Alexandre, Pascal Jardin était romancier, scénariste et dialoguiste, auteur d’ouvrages saisissants et assez extraordinaires comme Le Nain jaune ou La Guerre à sept ans, ou encore Guerre après guerre ou Je vous reparlerai d’amour. Dans le cinéma, Pascal Jardin a travaillé avec Claude Sautet, Robert Enrico, Jacques Deray, et plusieurs fois avec Pierre Granier-Deferre qui en parla longuement (lui, avare de mots) et chaleureusement lors d’une invitation à l’Institut Lumière il y a quelques années. « Pascal Jardin accordait plus d’importance à ses romans qu’à ses scénarios. Cela se sentait dans sa méthode même de travail. Il m’envoyait de véritables tartines de dialogues, il privilégiait la phrase sur l’action. Nous nous engueulions à ce sujet. Je dois préciser que Jardin fut pour moi davantage un ami qu’un collaborateur. Notre relation de travail s’est muée peu à peu en une amitié profonde. Il m’a appris pas mal de choses, par ailleurs : par exemple, qu’il faut relativiser les problèmes avec les producteurs et que déjeuner avec l’un d’eux peut devenir une partie de plaisir, même quand tout va mal. C’était vrai, mais à condition que Pascal fût présent à ce déjeuner ! » (Pierre Granier-Deferre, dans Le Poing dans la vitre, Institut Lumière / Actes Sud, 2004).

 

SNC

La Société Nouvelle de Cinématographie, au nom poétique qui ramène au cinéma français des années trente, est la filiale distribution patrimoine de M6 et de SND. Elle opère une politique de restauration admirable, crédible et de qualité. Dans une grande discrétion. D’où cette mention (et La Horse est magnifiquement restauré).

 





La Horse
Allemagne, France, Italie, 1970, 1h18, couleur (Eastmancolor), format 1.66

Réalisation : Pierre Granier-Defferre
Scénario : Pascal Jardin, Pierre Granier-Defferre d'après le roman de Michel Lambesc
Dialogues : Pascal Jardin
Photo : Walter Wottitz
Musique : Serge Gainsbourg
Montage : Jean Ravel
Production : Cyril Grize, Gérard Beytout, René Pignières

Interprètes : Jean Gabin (Auguste Maroilleur), Danièle Ajoret (Louise), Michel Barbey (Maurice), Christian Barbier (Léon), Pierre Dux (le juge), Armando Francioli (Francis), Julien Guiomar (le commissaire), éléonore Hirt (Mathilde), Orlane Paquin (Véronique), Marc Porel (Henri), André Weber (Bienphu), Félix Marten (Marc), Henri Attal (Louis), Dominique Zardi (Tony)

Sortie en France : 27 février 1970

Distributeur : SNC

Copie restaurée numériquement en haute définition par SNC (Société Nouvelle de Cinématographie) et effectuée par Scanlab et les laboratoires Eclair.

 

Copie sous-titrée en anglais





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