Park Row

Samuel Fuller

États-Unis, 1952


Séance exceptionnelle le Alpha Cinéma
Séance exceptionnelle le Alpha Cinéma
En 1880, le journaliste Phineas Mitchell (Gene Evans) vient d’être renvoyé du journal Le Star par sa directrice, Charity Hackett (Mary Welch). Il décide alors de lancer son propre journal, Le Globe, en utilisant à la une le saut du pont de Brooklyn par Steve Brodie (George O’Hanlon). Le journal connait un succès immédiat malgré son impression sur du papier de boucher. Phineas Mitchell utilise alors un procédé de mise en page révolutionnaire, la linotype, élaboré par Ottmar Mergenthaler (Bela Kovacs)…

Comme Shock Corridor (1963) que Fuller réalisera dix ans plus tard, Park Row a le journalisme comme toile de fond. Il est moins connu, il est aussi bon, mais n’aura ni l’accueil ni la postérité qu’il mérite. « Samuel Fuller, farouche individualiste égaré parmi les moutons, a bien du mal à continuer à exercer son métier de cinéaste qu’il fait pourtant si bien », écrit Robert Chazal dans France Soir en 1971. Samuel s’est s’attelé à tous les genres, du western au film d’aventure, du film de guerre au policier. Souvent incompris, il s’est aussi mis régulièrement en marge. « Fuller, déclarent Bertrand Tavernier et Jean-Pierre Coursodon dans 50 ans de cinéma américain, rue dans les brancards, détruit les conventions. Il a une volonté très sincère de faire une œuvre personnelle, de réaliser un film qui ne soit dû qu’à un seul homme, de bousculer avec une bonne humeur féroce règles et conventions. » Park Row a une place particulière dans la filmographie de Samuel Fuller, entre le film de guerre Baïonnette au canon (Fixed Bayonnets, 1951) et le thriller Le Port de la drogue (Pick up on South Street) en 1953. Une des grandes qualités du film est de montrer le milieu du journalisme de façon juste et éclairé. Park Row, c’est le quartier de la presse à New York, une sorte de microcosme des journalistes, grouillant et concurrentiel. Le film soutient une valeur à laquelle Fuller tient par-dessus tout : la presse est au service de la démocratie. Cette ferveur du cinéaste imprime la pellicule et se transmet au spectateur. Fuller crie dans ce film son amour pour le journalisme et la liberté de la presse, il transmet sa vision idéaliste du milieu, dans un de ses opus les plus optimistes. On reconnaît aussi le style du cinéaste dans une montée en puissance de la violence physique et intellectuelle dans le combat entre les deux journaux, filmée notamment en longs plans-séquence. On n’est pas loin du sublime.

 

LINOTYPE

L’invention présentée par Samuel Fuller dans son film, la linotype, est réellement l’œuvre de Ottmar Mergenthaler. Créée en 1885, elle doit son nom originel, la « line o’type » au fait qu’elle permet de composer une ligne de texte entière sur une seule ligne de plomb. Cette révolution permis à des petits journaux de sortir leur journal à un rythme largement accéléré.

 

TALENTS MULTIPLES

Dès l’âge de treize ans, Samuel Fuller travailla dans un journal, d’abord en tant que copy-boy puis à seize ans en tant que chroniqueur pour les affaires criminelles au New York Journal. Il connaîtra l’ascendance des grands groupes de presse, dont celui de Joseph Pulitzer. également romancier, il s’inspire des faits divers angoissants qu’il a eu à traiter dans sa jeunesse.

 

SOUVENIRS

À Jean Narboni et Noël Simsolo, Samuel Fuller raconta ses premières impressions lorsqu’il a pénétré dans la salle des presses, envahie d’énormes machines, au journal Le New York Graphic Evening : « Des hommes se faufilaient entre les presses, vêtus seulement d’un petit pantalon plein d’encre et, sur la tête, des chapeaux de papier faits avec des journaux. J’observais tout ça. » (Il était une fois… Samuel Fuller, Cahiers du cinéma, 1986).

 

MAVERICK

Le film fut tourné en quatorze jours. Fuller y investit son propre argent et le perdit entièrement. Il avait juste gardé 1000 dollars pour ses cigares et un peu de vodka. (Informations IMDB)





Park Row
(Park Row)
Etats-Unis, 1952, 1h23, noir et blanc, format 1.37

Réalisation : Samuel Fuller
Scénario : Samuel Fuller
Assistant à la réalisation : Joseph Depew
Photo : John L. Russell
Musique : Paul Dunlap
Montage : Philip Cahn
Décors : Theobold Holsopple
Production : Samuel Fuller

Interprètes : Gene Evans (Phineas Mitchell), Mary Welch (Charity Hackett), Bela Kovacs (Ottmar Mergenthaler), Herbert Heyes (Josiah Davenport), Tina Pine (Jenny O’Rourke), George O’Hanlon (Steve Brodie), J.M. Kerrigan (Dan O’Rourke), Forrest Taylor (Charles A.Leach)

Sortie aux états-Unis : 12 août 1952

Distributeur : Action/Théâtre du Temple

Copie neuve retirée pour Lumière 2011, présentée en avant-première de sa ressortie en salles.

Ressortie en salles le 19 octobre 2011





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