La Machine à tuer les méchants

Roberto Rossellini

Italie, 1952


Séance exceptionnelle le Alpha Cinéma
Séance exceptionnelle le Alpha Cinéma
Grâce à la révélation de son Saint protecteur, le photographe Celestino Esposito découvre que son appareil photo a un pouvoir spécial : un simple click peut faire disparaitre des hommes diaboliques. Les miracles s’enchaînant (une subvention de onze millions de lires est attribuée à la ville), il est persuadé que c’est Saint-André lui-même qui est derrière ceux-ci. À ces mannes financières succèdent querelles et animosités dans toute la ville. Celestino comprend alors que derrière tout ça se cache plutôt le Diable en personne…

Le réalisateur de Rome, ville ouverte (Roma, Città Aperta, 1946), Grand Prix du jury au festival de Cannes, est mis à l’honneur par le festival Lumière avec la projection de ce film sorti en 1952, mais dont la production a débuté en 1948. Après de multiples interruptions, le film a été terminé par les assistants de Rossellini ainsi que par le producteur Rudolph Solmson. Et non par le réalisateur lui-même. La sortie du film quatre ans après n’a pas déclenché la ferveur de la critique, ni celle du public. Deux chefs-d’œuvre, Allemagne année zéro (Germania anno zero) en 1947 et Stromboli en 1949, davantage représentatifs du travail du cinéaste, étaient passés par là. Avec ce film, méconnu et rare, le cofondateur du néoréalisme signe sa première comédie. Seul Gino Visentini dans sa critique pour Bianco et Nero considéra La Machine comme « un des meilleurs de Rossellini, une plaisanterie inspirée, riche de toutes les couleurs méridionales, tragique et comique. » Pour le reste, on reprocha souvent au cinéaste une histoire trop modeste. C’est pourtant cela qui rend la mise en scène juste, par laquelle il parvient à transformer des paysages urbains quotidiens en décor de commedia dell’arte. « Chaque trait porte au cœur de la cible. La quête incessante d’une caméra que l’on croirait douée d’ubiquité capte dans chaque plan le geste le plus carré, celui donc qui pénètre le mieux l’œil » écrivent les Cahiers du Cinéma, rosselliniens devant l’éternel. Pour ce projet inédit, le réalisateur s'est notamment appuyé sur deux comédiens phares de la comédie italienne de l’époque : Giacomo Furia et Carlo Giuffré. « Il s’agit d’un humour indissociable du sens particulier de l’anecdote propre à Roberto Rossellini, écrit l’historien Peter von Bagh dans Filmihullu en 1994, celui-là même qui permet à des films comme L’Envie (L’Invidia, 1951) ou Le Général della Rovere (Il generale della Rovere, 1959) d’être si réussis. Mais il est également question de sagesse (toujours en parfaite cohérence avec la personnalité du cinéaste), avec une philosophie personnelle, dans un mode similaire aux dynamiques “philosophiques” qui soutiennent des films comme I dimenticati (Vittorio de Seta, 1959) ou Un roi à New-York (A King in New York, Charlie Chaplin, 1957). J’ai alors la forte sensation que Preston Sturges et le vieux Chaplin sont des âmes jumelles du réalisateur de La Machine à tuer les méchants. »

 

CASTING

Dans le film, on retrouve William Tubbs et sa femme Helen, déjà présents dans Paisà. Leur fille dans La Machine à tuer les méchants est Marilyn Buferd, miss Amérique 1946. Roberto Rossellini l’avait connue à Paris, provoquant la colère d'Anna Magnani, la légendaire actrice italienne qui est sa compagne depuis Allemagne année zéro, avant qu’il ne rencontre Ingrid Bergman, sollicitant par lettre de travailler avec lui – ce sera fait avec (entre autres) Stromboli.

 

TOURNAGE

Après la motivation du début de tournage, Rossellini perdit rapidement tout enthousiasme et commença à être de plus en plus fuyant à Maiori. Parfois, il prenait sa voiture le matin et partait à Rome, d’où il ne revenait que tard dans la nuit. L’équipe, qui respectait religieusement le Maestro, était contrainte à de longues heures d’attente. Massimo Mida, qui fut son assistant réalisateur, confirme que le cinéaste était d’humeur changeante, tantôt extrêmement attentionné envers les acteurs, tantôt irascible, explosant à la moindre erreur.

 





La Machine à tuer les méchants
(La macchina ammazzacattivi)
Italie, 1952, 1h20, noir et blanc, format 1.37

Réalisation : Roberto Rossellini
Scénario : Sergio Amidei, Giancarlo Vigorelli, Franco Brusati, Liana Ferri, Roberto Rossellini d’après une histoire d'Eduardo De Filippo, Filippo Sarazani
Assistants à la réalisation : Massimo Mida, Renzo Avanzo
Photo : Enrico Betti Berutto, Tino Santoni
Musique : Renzo Rossellini
Montage : Jolanda Benvenuti
Décors : Virgilio Marchi
Production : Roberto Rossellini, Luigi Rovere, Salvo d'Angelo

Interprètes : Gennaro Pisano (Celestino), Giovanni Amato (le maire), Clara Bindi (Giulietta Del Bello), Marylin Buferd (la jeune américaine), Joseph Falletta (le Duc), Giacomo Furia (Monsieur Paul), Helen Tubbs (Irène), William Tubbs (Julien), Carlo Giuffrè.

Sortie en Italie : 14 mai 1952

Provenance de la copie : Cineteca di Bologna (Italie)

Copie restaurée par L'Immagine Ritrovata avec la Cinémathèque de Bologne, Cinecittà Luce, CSC - Cineteca Nazionale et Coproduction Office. La restauration digitale a été réalisée à partir d’un marron et d’un contre-type sonore combinés, conservés aux Studios Cinecittà, numérisés en 2K. Le studio a cherché à restituer l’éclat et la richesse de la photographie de départ. Concernant le son, le nettoyage digital a pu se faire, ainsi que la réduction des bruits de fond causés par l’usure du temps, tout en maintenant néanmoins la dynamique et les particularités du son d’origine.






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