L’Affaire Al Capone

Roger Corman

États-Unis, 1967


Dans le Chicago des années 20, la prohibition bat son plein. Le gouvernement interdit en effet la vente d’alcool dans les lieux publics de tout le pays. Les réseaux illégaux de distribution d’alcool auprès des tenanciers s’organisent alors jusqu’à créer un monopole. La concurrence vit alors jour, opposant Al Capone et Bob Moran. À la tête de deux gangs rivaux qui s'affrontent pour devenir les maîtres de la mafia, les meurtres se multiplient et les gangs s'enrichissent...

Un film de Roger Corman pour accompagner celui d’Alex Stapleton Corman’s World, dédié au pape de la série B qui nous fait l’honneur d’une visite à Lyon. Mais comment choisir parmi tous ceux qu’il a signé ? Cela aurait pu être tiré de sa période Edgar Poe, ou du cycle « films d’horreur ». Voici, extrait de son « cinéma de gangsters », L’Affaire Al Capone, de 1967, parce que c’est un bon film et parce que la copie était disponible (le lecteur sait que les contraintes matérielles pour un festival comme le nôtre sont multiples : les films ne demeurent pas éternellement, à disposition des programmateurs). Un film au titre original plus explicite : le « massacre de la Saint Valentin » dont il est question fut une vengeance sanglante qui marqua, le 14 février 1929, un point de non-retour dans l’histoire de la prohibition à Chicago. Au romantisme des films de gangsters comme Bonnie and Clyde d’Arthur Penn, Corman a préféré un style sec et semi-documentaire, ponctué ici et là de savoureuses doses d’humour noir. Du Scarface de Hawks en 1931 aux Incorruptibles de Brian de Palma en 1987, le sujet a maintes fois été traité, mais la version cormanienne est une reconstitution directe, fidèle jusque dans le moindre détail à la réalité : dates, heures et autres données numériques émaillent ainsi le commentaire en voix off, qui joue un double rôle de distanciation par rapport aux événements relatés. Le réalisateur s’explique de ce choix : « Mon film pourra paraître brutal, il ne représente pourtant qu’une tranche de vie, ou de mort si l’on préfère, authentique, sur la vie des gangs américains en l’année 1929. Je pense avoir montré les gangsters de Chicago tels qu’ils étaient, c’est-à-dire non pas de braves types devenus truands comme on les présente trop souvent, mais des hommes foncièrement mauvais et avides, marqués par le vice, prêts à tuer de sang-froid et dont la vie quotidienne brassait le meurtre et l’organisation de la prostitution et du trafic illégal de l’alcool. »

 

AUTHENTICITÉ

Avec son scénariste Howard Browne, Roger Corman s’est beaucoup documenté afin d’être au plus près de la réalité.
Grâce à la « Chicago Historical Society », des dossiers de police, des archives locales, ils ont tenu à restituer les faits avec exactitude. Pour la scène du massacre par exemple, elle a été mise en scène à partir de photos prises par les policiers juste après l’incident.

 

BUDGET

Roger Corman, l’homme qui « a fait une centaine de films à Hollywood sans jamais perdre un sou », titre de son autobiographie (How I Made a Hundred Movies in Hollywood and Never Lost a Dime, Roger Corman, Da Capo Press, 1998), s’est vu confier pour L’Affaire Al Capone son plus gros budget jusque là : un million de dollars de la Twentieth Century-Fox. Ce fut également son tournage le plus long (35 jours, une éternité !). Néanmoins, cela demeure le plus faible budget de la Fox cette année-là.

 

ACTEUR

Corman voulait Orson Welles dans le rôle d’Al Capone, mais la production refusa sous prétexte que le réalisateur de Citizen Kane (1941) avait causé des soucis en tant qu’acteur sur tous les tournages – ce qui était (en grande partie) vrai.

 

PUBLIC ENEMY

Ne pas avoir vu L’Affaire Al Capone de Corman sans L’Ennemi public de William Wellman, et vice-versa. Laisser reposer, comparer, en parler.

 





L’Affaire Al Capone
(The St. Valentine’s Day Massacre)
États-Unis, 1967, 1h40, couleur, format 2:35
Réalisation : Roger Corman
Assistant à la réalisation : Wesley Barry
Scénario : Howard Browne
Photo : Milton Krasner
Musique : Lionel Newman
Montage : William B. Murphy
Décors : Steven Potter, Walter M. Scott
Production : Roger Corman
Interprètes : Jason Robards (Al Capone), George Segal (Peter Gusenberg), Ralph Meeker (George Clarence ‘Bugs’ Moran), Jean Hale (Myrtle), Clint Ritchie (Jack McGurn), Frank Silvera (Nick Sorello), Joseph Campanella (Albert Wienshank), Richard Bakalyan (John Scalise)
Sortie aux États-Unis : 30 juin 1967
Sortie en France : 16 novembre 1967

 

Distributeur : Action/Théâtre du Temple




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