Police contre syndicat du crime

de Kinji Fukasaku

Japon, 1963


Dans la région d’Hiroshima, Kuno (Bunta Sugawara) est un flic peu conventionnel qui s’est lié d’amitié avec Kenji Hirotani (Hiroki Matsukata), un chef de gang actif. Cette relation devient problématique lorsque le gouvernement crée une brigade anti-gang et anti-corruption dans laquelle l’inspecteur Kuno est appelé à travailler sous la direction du Lieutenant Kadai (Tatsuo Umemiya), un incorruptible…
«“Gangsters ou flics, c’est pareil ! Il n’y a que les règles qui changent”, grogne un inspecteur désabusé. Et il est vrai que les frontières sont minces entre ces deux mondes qui se côtoient en permanence, dans la rue comme dans les bouges nocturnes. Plus loin, un échange de mots entre les deux amis flic et voyou – interprétés par un Bunta Sugawara et un Hiroki Matsukata plus névrotiques que jamais – nous explique que les uns comme les autres n’ont pu survivre à la disette de l’après-guerre que grâce au marché noir, mis en place et contrôlé par les yakuzas. Et il est vrai que cette époque a créé des liens forts entre ces deux milieux. La police et les clans yakuzas se sont ainsi souvent unis dans le chaos de cet après-guerre pour stopper ensemble les exactions des gangs chinois, mais aussi contrer l’influence grandissante des militants gauchistes. D’ailleurs, comme le dit ce même inspecteur dans le film, “les yakuzas sont mauvais, mais comparés aux communistes, ce sont des anges”. Fukasaku, l’ancien militant qui s’était opposé dans sa jeunesse au traité de sécurité nippo américain de 1951, en profite donc pour égratigner le vernis démocratique d’un pouvoir japonais resté foncièrement réactionnaire. Mais aussi pour fustiger l’émergence d’un nouveau monde, celui du “miracle économique” où les chefs yakuzas se reconvertissent en politicards véreux, laissant derrière eux leurs hommes crever dans le caniveau. À l’instar de la série des Combat sans code d’honneur, la mise en scène est ici aussi rendue dans un style semi documentaire. Le réalisateur reprenant la méthode du jitsuroku, de cinéma direct alimenté de faits réels. S’inspirant parfois d’autres événements que ceux liés aux chroniques criminelles. La scène du combat final entre le clan yakuza et la police évoque ainsi l’épisode du chalet d’Asama où le 28 février 1972 les forces spéciales de la police avaient encerclé le bâtiment dans lequel s’étaient retranchés des membres de l’Armée Rouge japonaise. L’assaut, qui avait été retransmis en direct pendant dix heures par toutes les télévisions nationales, était encore très présent dans les consciences. Comme toujours dans le cinéma de Fukasaku, la tension du film est rendue par l’utilisation d’une caméra portée, semblant toujours surgir de nulle part. Avec des cadres surchargés de corps en mouvements, comme étourdis par la surchauffe électrique de la pédale wah-wah de la bande son. C’est ce cinéma qui cherche à capturer l’énergie d’une scène, comme un paratonnerre attire l’éclair, que célèbrera William Friedkin. L’auteur de French Connection (William Friedkin, 1971), étant bien le frère d’armes américain de Kinji Fukasaku.» Yves Montmayeur

 

 

 

GENRE
Avec cette histoire tragique d’une amitié virile entre un policier et un truand tous deux respectueux de leur code d’honneur respectif, Fukasaku poursuit son entreprise « nouvelle vague » du cinéma de genre japonais.

 

 

 

 

 





Police contre syndicat du crime
(Kenkei tai soshiki boryoku)
Japon, 1975, 1h34, couleur, format 2.35
Réalisation : Kinji Fukasaku
Scénario : Kazuo Kasahara
Photo : Shigeru Akatsuka
Musique : Toshiaki Tsushima
Production : Toei Company
Interprètes : Bunta Sugawara (Inspecteur Kuno), Hiroki Matsukata (Kenji Hirotani), Mikio Narita (Katsumi Kawade), Tatsuo Umemiya
(Lieutenant Kaida)
Sortie au Japon : 26 avril 1975
Le film n’est pas sorti en France.


Distributeur : Wild Side Films






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