I giorni contati

Elio Petri

Italie, 1962


Séance exceptionnelle le Alpha Cinéma
A cinquante ans, Cesare Conversi (Salvo Randone) a travaillé toute sa vie avec abnégation. Un jour, il voit mourir sous le tram un homme de son âge. Obsédé par l’approche inexorable de la mort, il s’arrête de travailler afin de profiter de la vie avant qu’il ne soit trop tard…

Après L’Assassin (L’assassino) en 1961, voilà le deuxième film d’Elio Petri, qui choisit le milieu ouvrier romain pour raconter l’histoire de Cesare, bouleversé d’avoir été témoin d’un accident, et incapable de se construire une nouvelle vie. Ce type de scénario, et naturellement sa mise en scène, correspondent tout à fait aux caractéristiques du nouveau réalisme italien, comme le présente Jacques Joly en 1962 dans Les Cahiers du cinéma : « I giorni contati est l’œuvre la plus exemplaire des ambitions du nouveau réalisme italien. Le film naît avec le point de vue qui conditionnera la recherche de la vérité : le sentiment de la mort. Comment le sentiment de la mort provoque une lente révolution dans le comportement social d’un individu et le mène jusqu’aux abords d’une prise de conscience de lui-même : voilà le sujet du film d’Elio Petri. » Le réalisateur dirige en effet une œuvre d’une grande maturité : les mécanismes et les codes du genre qui avaient nourris le surprenant début de L’Assassin sont abandonnés, le réalisateur romain filme une apologie morale et lucide sur la vieillesse, la solitude et la mort. Mais il fait également un film subtilement politique, où la vie et les rêves se consument dans la nécessité du travail. Ainsi est le nouvel homme moderne, individu seul et perdu dans un mécanisme déshumanisant. « I giorni contati est un film politique dans la mesure où c’est un film contre le travail, écrit Jean A. Gili en 1974. Le ton du film est plus existentialiste que celui de La Classe ouvrière va au paradis, il y a une présence permanente de la mort, du vieillissement précoce. De toute façon, on peut dire que I giorni contati comme La Classe ouvrière va au paradis affrontent le thème de la division du travail dans le monde moderne du point de vue des exclus. Les deux films décrivent la “division” qui de l’objectivité se projette dans l’exclu. »

 

CASTING

« Quand je proposai le film à Goffredo Lombardo, je sortis trois noms pour le rôle du héros : Totò, Gabin, Randone. Il fit le choix de Randone puisqu’évidemment, il était l’acteur qui coûtait le moins cher. A l’époque où j’étais garçon, j’avais vu au théâtre Totò jouer sept fois la pièce Que t’es-tu mis en tête ? (Che ti sei messo in testa ?) » Elio Petri, cité dans le livre de Paola Pegoraro Petri, Lucidità inquieta. Il cinema di Elio Petri, Turin, Musée National du Cinéma, 2007.

 

INSPIRATION

Elio Petri a déclaré que Umberto D. (1952) de Vittorio De Sica, est le film qu’il préférait de ce réalisateur. Il est également question d’un vieil homme, mais qui ne se confronte pas à la mort comme dans I giorni contati. Par contre, Les Fraises sauvages d’Ingmar Bergman (sorti en 1958 en Italie), l’a davantage influencé, notamment dans le rapport du personnage âgé à son entourage social et à son temps.

 

RÉCOMPENSES

Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon (Indagine su un cittadino al di sopra di ogni sospetto) a remporté le premier Oscar comme meilleur film étranger en 1970 et La Classe ouvrière va au paradis (La classe operaia va in paradiso) a reçu la Palme d’Or au festival de Cannes en 1971.

 





I giorni contati
Italie, 1962, 1h39, noir et blanc, format 1.85

Réalisation : Elio Petri
Assistants réalisateurs : Berto Pelosso
Scénario : Elio Petri, Carlo Romano avec la collaboration de Tonino Guerra
Photo : Ennio Guarnieri
Musique : Ivan Vandor
Montage : Ruggero Mastroianni
Costumes : Graziella Urbinati
Production : Goffredo Lombardo pour Titanus/Metro

Interprètes : Salvo Randone (Cesare Conversi), Franco Sportelli (Amilcare), Regina Bianchi (Giulia), Vittorio Caprioli (le professeur), Paolo Ferrari (Vinicio), Lando Buzzanca (fils de Cesare)

Sortie en Italie : 5 avril 1962.
Inédit en France

Provenance de la copie : Museo del Cinema di Torino (Italie)

Copie restaurée numériquement en 2011 par la Cinémathèque de Bologne et le Musée national du cinéma de Turin, avec Titanus, auprès du laboratoire de l’Immagine Ritrovata.
Distribution : Tamasa Distribution / sortie en salles en 2012





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