Combat sans code d’honneur

Kinji Fukasaku

Japon, 1973


Séance exceptionnelle le Alpha Cinéma
Séance exceptionnelle le Alpha Cinéma
1947, Hiroshima après les bombardements américains. Au milieu du chaos de l’après-guerre, les gangs se reconstituent, et les luttes pour l’hégémonie reprennent. Mais les règles ont changé : le code de l’honneur se perd, c’est la loi du plus fort qui prend le dessus. Parmi les yakuzas, Hirono (Bunta Sugawara) : en sortant de prison, il retrouve ses compagnons gangsters, mais ne reconnaît plus le milieu, gangréné par le cynisme et l’hypocrisie…
« En un seul film, Kinji Fukasaku réinvente le cinéma de genre japonais. Comme plus tard, John Woo, au milieu des années 80, revitalisera le cinéma d’action hong kongais avec sa série légendaire Le Syndicat du crime. Combat sans code d’honneur connaîtra d’ailleurs un immense succès au Japon qui incitera le studio Toei à produire quatre autres épisodes à sa suite, à l’exemple de la saga criminelle du Parrain avec laquelle la série japonaise partage une gémellité évidente. Combat sans code d’honneur, c’est « du saké pour les yeux » pour reprendre la formule du critique Serge Daney à propos du manga, un mode de narration chaotique avec lequel le cinéma de Fukasaku partage ce même sens de l’éclatement du récit et des emprunts au réalisme abrupt du documentaire. Le tout emporté dans un maelström de bruit et de fureur. Le film commence d’ailleurs par une image du champignon nucléaire au-dessus d’Hiroshima. Histoire de sceller le destin des personnages dès l’introduction du film. Le spectateur, perdant l’équilibre au milieu de ces cadres qui tanguent cherche alors à s’agripper aux rebondissements de l’histoire. Un exercice vain. Car l’intrigue, qui se résume à une lutte de clans pour le contrôle du marché noir d’Hiroshima dans l’immédiat après-guerre, n’est qu’un prétexte pour décrire un Japon Année Zéro. Dans ce no man’s land de ruines et de boue, seuls les comportements de survie et de recherche de gain facile dictent les actes. L’on déchire alors les chairs comme les consciences, à coups de revolver et de katana, la bave aux lèvres et le regard fou. La figure romantique du Yakuza, tant exaltée dans les films des années soixante, ne résiste plus bien longtemps à ce traitement hystérique. Très vite, elle est renvoyée à celle d’un bestiaire sauvage, exsangue de toute once d’humanité. Car comme l’énonce le titre, c’est un combat sans…

Jingi, le sacro-saint code d’honneur nippon pour lequel l’on se sacrifiait encore autrefois corps et âmes, mais qui n’est plus ici qu’un débris moral du passé. Avec cette œuvre choc, Kinji Fukasaku signe son Dogma. Soit un cinéma de la cruauté et de l’apocalypse morale conçu comme une déclaration de guerre à une nation qui a choisi de s’engager toute entière dans un nouvel abîme sans fond, celui de l’économie capitaliste. Takeshi Kitano saura d’ailleurs reprendre cette parabole radicale et visionnaire dans son dernier yakuza eiga, Outrages. » Yves Montmayeur

 

 

 

MUSIQUE
La musique de Toshiaki Tsushima donne le ton à cette histoire : à chaque mort se fait entendre une petite musique, accompagnée d’un arrêt sur image et de la mention de la date de mort, de son nom et son clan. Une trompette furieuse enflamme le choc de la violence.

 

 

 

ARRIÈRE-PLAN
L’action du film se situe à Hiroshima : à l’image de la ville dévastée, les hommes sont cassés, faibles, et le climat d’insécurité est renforcé par l’omniprésence américaine.

 

 

 

SUPER-PRO-DUC-TION
Inspirée de faits réels (une longue guerre des gangs qui a existé dans le chaos de l’après-guerre), c’est le film le plus accompli de Fukasaku dans sa démarche de révolutionner les règles du genre. Classé parmi les vingt meilleurs films de l’histoire du cinéma japonais.

 

 

 

 






Combat sans code d’honneur
(Jingi naki tatakai)
Japon, 1973, 1h39, couleur, format 2.35
Réalisation : Kinji Fukasaku
Scénario : Kazuo Kasahara, d’après une histoire de Koichi Iiboshi
Photo : Sadaji Yoshida
Musique : Toshiaki Tsushima
Montage : Shintarô Yoshida
Décors : Takatoshi Suzuki

Production : Hiroshige Goto, Goro Kusakabe
Interprètes : Bunta Sugawara (Shozo Hirono), Hiroki Matsukata (Tetsuya Sakai), Kunie Tanaka (Makihara), Eiko Nakamura (Suzue), Tsunehiko Watase (Toshio Arita), Goro Ibuki (Ueda), Nobuo Kaneko (Yamamori)
Sortie au Japon : 13 janvier 1973
Sortie en France : 13 mars 1975

 

Provenance de la copie : Institut Lumière

Ayant-droit : Wild Side Films

Copie neuve tirée à partir du matériel conservé par les studios TOEI





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