Lumière d'été

Jean Grémillon

France, 1943


Séance exceptionnelle le Alpha Cinéma
Un aristocrate corrompu, Patrice Le Verdier (Paul Bernard), songe à quitter sa maîtresse, l’ex-danseuse Cri-Cri (Madeleine Renaud), pour Michèle Lagarde (Madeleine Robinson). Celle-ci rencontre à l’auberge de « l’Ange gardien » tenue par Cri-Cri un ingénieur, Julien (Georges Marchal), dont elle deviendra amoureuse après que Roland (Pierre Brasseur), son premier amour, un jeune peintre raté et désespéré, l’aura plus ou moins abandonnée. Patrice veut tuer son nouveau rival, le drame se noue entre les deux couples…

Trop méconnu Jean Grémillon, auteur de Maldonne (1927), Dainah la métisse (1931), Gueule d’amour (1937), Remorques (1939), etc. « Lumière d’été est mon film préféré parce qu’il m’a donné le plus de mal et de souci et correspondait le mieux à ce que je souhaitais au point de vue psychologique. » Grémillon, en évoquant ici les difficultés de production, parle à demi-mots du tournage en temps de guerre (d’août 1942 à janvier 1943) et probablement des sévères consignes de censure ; quant aux nuances psychologiques, elles représentent l’une des forces du récit. Il a tissé, avec l’aide de ses scénaristes Pierre Laroche et Jacques Prévert, des personnages au caractère complexe à l’image du couple que forment Patrice et Cri-Cri. Cette valeur humaine et psychologique est d’ailleurs, de l’avis des critiques de l’époque, une incontestable réussite, autant que l’interprétation des acteurs principaux. Lumière d’été dépeint différents mondes opposés : celui de l’amour naissant (Michèle et Julien) et celui de l’amour déchu (Cri-Cri et Patrice) mais aussi celui des travailleurs, essentiellement des ouvriers, et celui les bourgeois, visiteurs de l’auberge, enchaînés à leur oisiveté. Le tout est porté à l’écran par une mise en scène aboutie et soignée (cadrages de Patrice et Cri-Cri lors de la séquence où ils évoquent leur première rencontre, scène du bal masqué puis poursuite mortelle sur le chantier, isolant Patrice face aux ouvriers). Jean Grémillon signe avec Lumière d’été un récit inscrit dans la tradition du réalisme poétique qui fera dire à Charles Spaak : « Je tiens Grémillon pour le premier metteur en scène français » et à Henri Colpi : « Un des meilleurs réalisateurs français actuels. Ce qui n’est peut-être pas l’avis des producteurs qui le contraignent à de longues périodes de silence… »

 

ACCUEIL CONTROVERSÉ

Au contraire de la critique, Lumière d’été fut mal accueilli par le public au moment de sa sortie en 1943 à Paris – il fut ensuite diffusé dans quelques salles de province. En 1949, le festival du film maudit de Biarritz le sélectionne et la carrière du film redémarre et s’intensifie grâce aux ciné-clubs.

 

PRÉVERT ET TRAUER

Alexandre Trauner n’est pas crédité au générique. Immigré hongrois, juif d’origine, il ne pouvait travailler officiellement – il le fera de façon clandestine, créant les maquettes du décor avec Léon Barsacq et Max Douy. C’est son amitié avec Jacques Prévert qui lui a permis de collaborer à la plupart des films auxquels ce dernier participait.

 

GRÉMILLON ET LA MUSIQUE

C’est comme musicien, violoniste en l’occurrence, que Grémillon a débuté au cinéma pendant les années 1920, en accompagnant les films de Gance, L'Herbier ou encore de Pabst. La collaboration entre Grémillon et Roland-Manuel s’est multipliée au fil des années.

 

À L’AUBE DE LA RÉSISTANCE CINÉMATOGRAPHIQUE

En 1944, Jacques Becker, Jean Grémillon, Louis Daquin, Jean-Paul Le Chanois, Jean Painlevé et Pierre Blanchar et quelques autres créent (clandestinement) le comité de libération du cinéma français (C.L.C.F.).

 





Lumière d’été
France, 1943, 1h52, noir et blanc, format 1.37

Réalisation : Jean Grémillon
Scénario : Pierre Laroche, Jacques Prévert
Assistant à la réalisation : Serge Vallin
Photo : Louis Page
Musique : Roland-Manuel, Roger Désormière
Montage : Louisette Hautecoeur
Décors : André Barsacq, Max Douy
Production : André Paulvé

Interprètes : Madeleine Renaud (Cri-cri), Pierre Brasseur (Roland), Madeleine Robinson (Michèle), Paul Bernard (Patrice), Georges Marchal (Julien), Léonce Corne (Tonton), Charles Blavette (Vincent), Jane Marken (Louise Martinet), Henri Pons (Amédée), Gérard Lecomte (Dany), Marcel Lévesque (Monsieur Louis), Raymond Aimos (Ernest)

Sortie en France : 26 mai 1943

Distributeur : SNC

Copie restaurée numériquement en 2K par SNC (Société Nouvelle de Cinématographie) en partenariat avec la Cinémathèque française et effectuée par le laboratoire Daems, le laboratoire NLF, les Laboratoires Eclair, L.E. Diapason, avec le concours de FILMO, département Patrimoine. Remerciements particuliers à La Cinémathèque de Luxembourg. 

 

Copie sous-titrée en anglais


 




Diaporama :
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Séances



Jeudi 10 novembre à 19h00, ITUT LUMIERE / HANGAR / LYON 8
Vendredi 11 novembre à 16h00, ITUT LUMIERE / HANGAR / LYON 8
Samedi 12 novembre à 16h30, ITUT LUMIERE / HANGAR / LYON 8




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