L'Assassin

Elio Petri

Italie, France, 1961


Séance exceptionnelle le Alpha Cinéma
Séance exceptionnelle le Alpha Cinéma
Nello Poletti est un jeune antiquaire sans scrupule, qui n’hésite ni à escroquer ses clients, ni à ternir injustement la réputation de ses concurrents. Lorsque la police vient le chercher, il se croit pris. Il découvre alors qu’on l’accuse du meurtre de sa maîtresse, et que les preuves s’accumulent contre lui…

Né en 1929 à Rome, Elio Petri est l’un des rares réalisateurs italiens d’origine ouvrière. Fidèle au Parti Communiste jusqu’en 1956, sa conscience socio-politique demeurera toujours intacte, et traversera son œuvre. D’abord critique de cinéma au journal L’Unità, il devient, dans les années cinquante, scénariste puis assistant-réalisateur (de Giuseppe De Santis, notamment sur le film Onze heures sonnaient (Roma ore undici, 1952). Il réalise son premier long presque dix ans plus tard (après quelques courts métrages), qui inaugure une filmographie dévouée en grande partie à l’analyse de la société italienne. « J’ai toujours essayé, déclare-t-il à Jean Gili en 1974 dans un ouvrage publié par l’Université de Nice, de faire vivre selon une méthode existentialiste la situation d’un personnage dans laquelle se reflètent ses contradictions intérieures, sa conscience d’être un objet face aux sujets de l’autorité. L’assassino était un film post-antonionien, sur un personnage aliéné, un film sur l’incommunicabilité. Parallèlement, je cherchai à introduire un discours sur la police et les rapports de type kafkaïen avec l’autorité. En Italie, et partout dans le monde, du moment que vous êtes face à l’autorité, vous êtes coupable. » À ce cinéma profondément offensif politiquement s’ajoute une mise en scène souvent novatrice, avec insertion de flash-backs, choix d’un montage qui rythme le récit. Par ailleurs, l’univers policier dans lequel baigne le film est une façon de porter un jugement sur l’état italien qu’il juge répressif et manipulateur, et face auquel « nous redevenons des enfants ». Cette idée jalonnera son œuvre et sera à l’origine en 1970 d’Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon (Indagine su un cittadino al di sopra di ogni sospetto), qui remportera le Grand Prix spécial du jury au festival de Cannes et l’Oscar du meilleur film étranger.

 

CENSURE

Elio Petri a subi ce qu’il dénonce dans son film : un système dans lequel les puissants tentent de tout maîtriser. Il a ainsi reçu de fortes pressions, qui l’ont contraint à faire quatre-vingt-dix modifications ! Ces changements allaient de l’anecdotique (atténuer l’accent sicilien des policiers ripoux car le lien était jugé offensant) au substantiel (obscurcir un morceau de pellicule afin que le spectateur comprenne moins l’identité des mouchards).

 

MARCELLO MASTROIANNI

Marcello avait rencontré Elio Petri lorsqu’il était assistant sur le tournage de Jours d’amour (Giorni d’amore, Giuseppe De Santis, 1954). Il en garda un très bon souvenir, et souhaita vivement participer à L’Assassin, qu’il trouvait, selon ses propres termes, « délicieux ». Sa fierté fut de voir l’affiche du film parmi d’autres chefs-d’œuvre du cinéma italien, tapissant les murs des chambres de la demeure hollywoodienne de Martin Scorsese. (Marcello Mastroianni, d’après le livre L’avventurosa storia del cinema italiano raccontata dai suoi protagonisti, Franca Faldini et Goffredo Fofi, Feltrinelli, 1981.)

 

RESTAURATION

Copie restaurée par le Musée National du Cinéma de Turin, Titanus et la Cinémathèque de Bologne, à partir du négatif caméra original et, pour la première et dernière bobine, à partir d’une copie lavande d’époque car le négatif original était en mauvais état. Les deux éléments ont été numérisés en résolution 2K, puis nettoyés en référence à une copie positive d’époque conservée par Titanus dans les archives de la Cinémathèque de Bologne. Le son original a été restauré en numérique à partir du négatif son optique 35mm. La restauration a permis d’obtenir un contretype de conservation et un nouveau négatif son. Ainsi que, bien entendu, une matrice des fichiers produits lors de la restauration numérique. Les opérations ont été effectuées en 2011 au laboratoire L’Immagine Ritrovata. Cette restauration est présentée en avant-première mondiale.

 





L’Assassin
(L’assassino)
Italie, France, 1961, 1h38, noir et blanc, format 1.85


Réalisation : Elio Petri
Scénario : Tonino Guerra, Elio Petri, Pasquale Festa Campanile
Dialogues : Pasquale Festa Campanile, Massimo Franciosa
Assistants à la réalisation : Adolfo Cagnacci, Mauricio Hartwulg
Photo : Carlo di Palma
Musique : Piero Piccioni
Montage : Ruggero Mastroianni
Décors : Giovanni Chechhi, Renzo Vespignani
Costumes : Graziella Urbinati
Production : VIDES CINEMATOGRAFICA / CSG / TITANUS

Interprètes : Marcello Mastroianni (Nello Poletti), Micheline Presle (Adalgisa De Matteis), Cristina Gaioni (Antonella Nogara), Salvo Randone (Commissaire Palumbo), Andrea Checchi (Morello), Giovanna Gagliardo (Rosetta), Paolo Panelli (le détenu Paolo), Toni Ucci (le détenu Toni), Marco Mariani (Commissaire Margiotta), Franco Ressel (Docteur Francesconi), Mac Roney (suicidé), Max Cartier (le serveur Bruno)


Sortie en Italie : 27 mars 1961
Inédit en France

Provenance de la copie : Museo del Cinema di Torino (Italie)

Distributeur : Carlotta Films

Copie restaurée en 2011 par le Musée national du cinéma de Turin et Titanus au laboratoire l’Immagine Ritrovata de la Cinémathèque de Bologne. Cette restauration a été réalisée à partir du négatif caméra original et, pour la première et dernière bobine, à partir d’une copie lavande d’époque car le négatif original était en mauvais état. Les deux éléments ont été numérisés en 2K. Après la numérisation, les images ont été stabilisées et nettoyées de façon numérique, éliminant les parasites, rayures et marques de jonction visibles. Pour rendre à l’œuvre sa splendeur d’origine, le grading numérique a été effectué en prenant pour référence une copie positive d’époque conservée par la maison de production Titanus dans les archives de la Cinémathèque de Bologne. Le son original a été restauré de façon numérique à partir du négatif son optique 35mm, après avoir éliminé les bruits de fond causés par l’usure du temps. La restauration a permis d’obtenir un contretype de conservation et un nouveau négatif son.





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