Safe in Hell

William A. Wellman

États-Unis, 1931


Séance exceptionnelle le Alpha Cinéma
Après avoir violemment frappé et laissé pour mort son ancien patron, responsable de son état, Gilda (Dorothy Mackaill), une prostituée de la Nouvelle Orléans, s’enfuit grâce à l’aide de Carl, son amant marin (Donald Cook), sur une île des Caraïbes dont on ne peut être extradé. Elle se retrouve dans un hôtel où se refugient une foule de personnages peu recommandables. Meurtriers, voleurs, escrocs, chacun la convoite, notamment le bourreau de l’île qui vole l’argent envoyé par Carl et fait croire à Gilda que celui-ci l’a abandonnée…

On peut traduire « Safe in Hell » par « sain et sauf en enfer ». L’enfer, ici, c’est un endroit sur terre. Avec Wellman, le réel est toujours palpable : on ressent la chaleur étouffante, l’odeur de la sueur, le climat accablant de cet hôtel des Caraïbes. Gilda se retrouve dans une situation hollywoodienne classique : choisir entre la mort et le déshonneur. Là où ça change, c’est qu’elle devra choisir seule : Clark, incapable de l’aider, retourne sur son bateau, la laissant seule maîtresse de son destin. Gilda, raconte Tavernier, « doit affronter une série de personnages qui représentent tous un aspect plus ou moins dévoyé de la civilisation. Thomas Doherty dans son livre, Pre-Code Hollywood, écrit que Sinclair Lewis trouve dans Safe in Hell avec le chanteur de cabaret interprété par Clarence Muse l’une des deux seules exceptions au traitement méprisant des Noirs (l’autre se trouvant dans Arrowsmith que Ford tourna en 1931). » Selon Frank T. Thompson, les deux scénaristes (Joseph Jackson et Maude Fulton) très populaires à l’époque, avaient assez de poids pour obtenir cela des studios. D’une grande intensité dramatique, Safe in Hell annonce les oeuvres futures de Wellman comme L’Étrange incident (The Ox-Bow Incident, 1931). Ces deux films ont en commun des situations où des gens sont réunis par la force des choses, avec leurs peurs et leurs culpabilités, créant des ambiances claustrophobiques. En 1931 lors de la sortie du film, la revue Time estimait : « Safe in Hell est brutal, banal, sporadiquement exaltant. »

 

ÉVOLUTION DES STÉRÉOTYPES RACISTES CINÉMATOGRAPHIQUES

À l’époque où la plupart des Afro-Américains étaient stéréotypés dans le cinéma, Nina Mae McKinney et Clarence Muse sont les deux personnages les plus respectables dans le film. De plus, bien que leurs dialogues dans le scénario aient été écrits dans un dialecte, ils parlent tous deux un américain des plus corrects.

 

RACHAT DE SOCIÉTÉS DE PRODUCTION

En septembre 1928, la société de production Warner Bros. Pictures acheta une partie de la First National Pictures et devint majoritaire. Toutes les productions First National Pictures étaient donc en fait sous le contrôle de la Warner Bros. Picture, même si toutes deux continuaient d’avoir des identités bien distinctes jusqu’au milieu des années trente. Puis la formule « A Warner Bros. – First National Picture » fut majoritairement utilisée dans les génériques.

 

PREMIERS PROJETS DE CASTING

Dans un premier temps, les studios pensaient confier la réalisation du film à Michael Curtiz. Pour le casting, on avait pensé à David Manners, Boris Karloff, John Harrigton, Montague Love et Richard Bennet. Quant au rôle de Gilda, les producteurs avaient d’abord pensé à Lillian Bond ou Barbara Stanwyck.

 





Safe in Hell
États-Unis, 1931, 1h13, noir et blanc, format 1.37


Réalisation : William A. Wellman
Scénario : Joseph Jackson, Maude Fulton d’après une histoire de Houston Branch
Photo : Sidney Hickox
Direction artistique : Jack Okey
Musique : Leo F. Forbstein
Montage : Owen Marks
Costumes : Earl Luick
Interprètes : Dorothy Mackaill (Gilda Carlson), Donald Cook (Carl Bergen), Ralf Harolde (Piet Van Saal), John Wray (Egan), Ivan F. Simpson (Crunch), Victor Varconi (Gen. Emmanuel Jesus Maria Gomez), Morgan Wallace (Mr. Bruno), Nina Mae McKinney (Leonie) Sortie aux États-Unis : 12 décembre 1931
Sortie en France : Un visuel publié montre une affiche française. La date, malgré nos recherches, reste imprécise (1933-1935)

 

Provenance de la copie : Print courtesy of the Library of Congress (Washington)

Ayant-droit : Hollywood Classics





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