Les Forçats de la gloire

William A. Wellman

États-Unis, 1945


Séance exceptionnelle le Alpha Cinéma
Ernie Pyle est correspondant de guerre. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il va suivre un petit groupe de fantassins américains impliqués dans deux moments clés de la guerre : la campagne d'Afrique du Nord et celle d'Italie. Il va centrer ses articles sur le métier de soldat certes, mais aussi et surtout sur la vie quotidienne de ces hommes de l’infanterie américaine, tiraillés entre leur devoir, leurs relations amicales et sentimentales. À la tête du bataillon, le lieutenant Walker, qui conduit ses hommes à la bataille de San Vittorio…

À l’origine des Forçats de la gloire (titre français collectif quand le titre original raconte « l’histoire du G.I. Joe »), il y a les carnets d’Ernie Pyle, qui rédigeait scrupuleusement l’actualité des combats au quotidien. Le film de William Wellman rend grâce, à travers une mise en scène sobre, à la simplicité du style du journaliste, ainsi qu’à son souci de réalisme et d’humanité. Le réalisateur avait l’art de choisir ses coéquipiers, comme le montre la présence de Robert Aldrich comme assistant-réalisateur. En ce qui concerne les comédiens, la ressemblance d’Ernie Pyle avec Meredith Burgess, tant au niveau physique que gestuel, a marqué les critiques lors de la sortie du film. L’autre perle rare est Robert Mitchum, qui accède à la notoriété avec le rôle du Lieutenant Walker, et obtient une nomination pour l’Oscar du meilleur acteur dans un second rôle. Le film apparaît en rupture avec les longs métrages de guerre présentés jusqu’ici, et les critiques de l’époque applaudirent notamment l’abandon de « l’héroïsme de pacotille, où les G.I. jouent aux cow-boys contre des Japonais qui font office de Peaux-Rouges. » (Sortie Paris, 1949). En effet, il ne faut pas se fier au titre français, qui suggère l’apologie méritante du combattant en quête de louanges. La démarche glorifiante est exclue au profit d’une représentation au plus près du quotidien des soldats au front. Dans Positif, en 1971, Bertrand Tavernier écrivait à ce propos : « La désintégration de la structure dramaturgique s’ajoutant au réalisme terre-à-terre du ton donne à ces aventures guerrières un côté de reportage distancié. Les soldats de Wellman pissent, marchent, mangent, creusent des trous, remarchent, recreusent des trous et ne comprennent jamais ce qui se passe. » Cette recherche du réalisme n’empêche pas quelques moments « de pure folie » selon Gérard Langlois (L'Avant-Scène, 1975), « comme cette séquence de lutte entre soldats américains et allemands dans une église en ruines, avec ce plan du soldat apparaissant, derrière un ange de stuc, la mitraillette au poing. » William A. Wellman avait lui-même servi comme pilote pendant la Première Guerre, cette inclination personnelle fut à l’origine du sujet de dix de ses films. S’il privilégie dans Les Forçats de la gloire l’armée de terre à celle l’air, c’est la même notion de sacrifice qui traverse son oeuvre.

 

DE L’AVIATION AU CINÉMA
Wellman était ami avec Douglas Fairbanks Sr, qu’il avait rencontré en 1914 lors d’une représentation à Boston où il officiait comme comédien. Alors qu’il apprend à piloter aux nouvelles recrues de l’Armée de l’air des États-Unis, Fairbanks lui envoie un télégramme en 1919 disant : « La guerre est finie, si tu as besoin d’un travail, j’en ai un pour toi. » Wellman prend alors l’habitude de passer du temps chez son ami et rencontre le Tout-Hollywood. Fairbanks lui offre d’être acteur, ce qu’il acceptera à deux reprises (Knickerbocker Buckaroo, Albert Parker, 1919 et Evangeline, Raoul Walsh, 1919). N’appréciant pas ce métier, son ami lui trouvera alors un travail dans la production, Wellman deviendra alors réalisateur.

 

ERNIE PYLE
Les reportages d’Ernie Pyle ont été lus quotidiennement par 40 millions d’Américains pendant le conflit. « Il fut l’un des plus authentiques correspondants de guerre américains, écrit Jean Néry dans L’Écran Français en 1949. Parce qu’il fut toujours près du feu et près des hommes, et qu’il sut traduire en phrases simples les souffrances, les espoirs, l’existence résignée mais héroïque des plus humbles combattants. Lui-même devrait d’ailleurs trouver la mort parmi eux, en 1945. » Pyle a d’ailleurs supervisé le projet de Wellman, garantissant l’authenticité du film.





Les Forçats de la gloire
(Story of G.I. Joe)
États-Unis, 1945, 1h49, noir et blanc, format 1.37

Réalisation : William A. Wellman
Scénario : Leopold Atlas, Guy Endore, Philip Stevenson
Assistant à la réalisation : Robert Aldrich
Photo : Russell Metty
Musique : Louis Applebaum
Montage : Albrecht Joseph
Costumes et décors : Edward G. Boyle
Production : Lester Cowan, David Hall
Interprètes : Burgess Meredith (Ernie Pyle), Robert Mitchum (Lt. Walker), Freddie Steele (Sgt. Warnicki), Wally Cassell (Dondaro), Jimmy Lloyd (Spencer), Jack Reilly (Murphy), Bill Murphy (Mew), William Self (Cookie Henderson), Dick Rich (un sergent), Billy Benedict (Whitey), Tito Renaldo (Lopez), Michael Browne (un sergent), Yolanda Lacca (Amelia), Dorothy Coonan (l’infirmière)
Sortie aux États-Unis : 18 juin 1945
Sortie en France : 9 octobre 1946
 

 

Distributeur : Wild Side Films

Le scan 2 K, l’étalonnage et le transfert haute définition ont été supervisés à Los Angeles par Barry Allen, à partir d’un marron sauvegardé en 1999 par l’AMPAS (Academy Film Archive). Le complément d’étalonnage, la restauration image et son ont été faits chez Digimage, sous la direction de Thierry Delannoy et la supervision de Brigitte Dutray, Directrice technique de Wild Side Films.





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