Convoi de femmes

William A. Wellman

États-Unis, 1951


Séance exceptionnelle le Alpha Cinéma
Dans les années 1850, un éleveur de bétail (John McIntire), propriétaire d’une vallée au fin fond de la Californie, décide d’aller à Chicago chercher des épouses pour ses hommes, qui n’ont comme divertissement que les jeux du saloon. Buck Wyatt (Robert Taylor), convoyeur de profession, mènera ce convoi de 138 femmes à travers un chemin de 3000 km, territoire inhabité, aride et semé de dangers…

Un chef d’oeuvre masqué, comme souvent chez Wellman. Filmé au milieu de splendides paysages sauvages, mi-cocasse mi-dramatique, Convoi de femmes est la reconstitution d’authentiques épopées : plusieurs convois de femmes sont partis rejoindre des groupes de colons afin de peupler des terres éloignées, comme on le faisait déjà au XVIIe siècle au Brésil. Le cinéaste est à contre-courant des classiques du genre : pour une fois, « le western cessait de se gratter les couilles », se réjouit Isabelle Potel dans Libération (2000). Dans ce western, les héroïnes sont des femmes, elles expérimentent non seulement le fait qu’elles ne peuvent se fier aux hommes pour les protéger, mais aussi que le danger peut venir des hommes eux-mêmes. Comme le fera Ford à l’automne de sa carrière dans Seven Women, ce film est un hommage aux femmes : mère courage ou putain de saloon, jeune fille pure ou femme de poigne, veuve de fermier ou pionnière italienne, les visages reflètent la fatigue, la détermination, la peur, la colère. Leur guide, Buck Wyatt, misogyne et sadique, verra ses préjugés vaincus et sera conquis par leur courage. Ce qui intéresse Wellman, ce n’est pas l’action, ni le spectaculaire ou la dramatisation : on arrive après l’attaque des Indiens, on attend la fin de l’accouchement en dehors de la roulotte, on arrive auprès de l’enfant déjà mort. Ce n’est pas non plus la grivoiserie. C’est l’aventure collective, le libre choix d’un destin. « Wellman, écrivit Jean-Louis Rieupeyrout dans Positif en 1953, mérite de figurer au premier rang de ceux qui depuis près de trente ans, défendent avec une conviction toujours renouvelée cette conception de la grande aventure du western. Ce film révèle brusquement et en bloc un Wellman suffisamment hardi pour prendre part à l’entreprise de “démystification” que l’on peut en effet découvrir dans le cinéma américain des années cinquante. » La porte est ouverte à Johnny Guitar (Nicholas Ray, 1954) ou Quarante tueurs (Forty Guns, Samuel Fuller, 1957) et à tant d’autres.

 

LEO LE LION 

Convoi de femmes est l’un des trois films, avec La Voix que vous allez entendre (The Next Voice You Hear, 1950) et Ben-Hur (1959), où Leo le lion, symbole de la société de production Metro-Goldwyn-Mayer, ne rugit pas pendant la diffusion du logo distributeur.

 

PRÉAMBULE

Le tournage s’est fait en extérieur, dans l’Utah, à une centaine de kilomètres de la petite ville de Kanab. La MGM fait précéder Convoi de femmes par un court métrage, Challenge the Wilderness, qui montre les obstacles auxquels l’équipe a dû se confronter lors du tournage, qui a duré environ huit semaines : construction de routes et d’hébergements, transport d’eau et de nourriture… Ces conditions ont certainement renforcé le réalisme du film.

 

BILL LE SAUVAGE

Surnommé Wild Bill à Hollywood, William A. Wellman était connu pour être extrêmement désagréable, il s’est fait renvoyer de plusieurs sociétés de production. Il méprisait les acteurs, à cause de leur narcissisme, et plus encore les actrices : le temps qu’elles mettaient à se préparer avant le tournage l’excédait. Malgré tout, et particulièrement dans Convoi de femmes, il a brossé des personnages féminins qui bottent les fesses aux plus vieux préjugés machistes.

 





Convoi de femmes
(Westward the women)
États-Unis, 1951, 1h58, noir et blanc, format 1.37

Réalisation : William A. Wellman
Scénario : Charles Schnee, d’après un sujet original de Frank Capra
Assistant à la réalisation : Ridgeway Callow
Photo : William C. Mellor
Musique : Jeff Alexander, et mélodie “To the West ! To the West!” de Henry Russell
Directeurs artistiques : Daniel B. Cathcart, Cedric Gibbons
Montage : James E. Newcom
Décors : Edwin B. Willis, Ralph S. Hurst
Costumes : Walter Plunkett
Production : Dore Schary

Interprètes : Robert Taylor (Buck Wyatt), John McIntire (Roy Whitman), Henry Nakamura (Ito), Denise Darcel (Fifi Danon), Hope Emerson (Patience Hawley), Julie Bishop (Laurie Smith), Lenore Lonergan (Maggie O’Malley), Marilyn Erskine (Jean Johnson), Beverly Dennis (Rose Meyers), Renata Vanni (Mme Maroni)

Sortie aux États-Unis : 31 décembre 1951
Sortie en France : 30 janvier 1953

Provenance de la copie : Cinémathèque suisse (Lausanne)

Ayant-droit : Hollywood Classics

 

Copie avec double sous titrage français et allemand





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