Falbalas

Jacques Becker

France, 1945


Séance exceptionnelle le Alpha Cinéma
Séance exceptionnelle le Alpha Cinéma
Philippe Clarence (Raymond Rouleau), un grand couturier, célèbre dans le tout Paris pour ses créations comme pour ses conquêtes féminines, s’amuse à séduire Micheline (Micheline Presle), la fiancée de son ami Rousseau (Jean Chevrier), puis rompt. Lorsque finalement son intérêt pour Micheline renaît et se transforme en folle passion, la jeune femme finit par s’éloigner en constatant la brutalité et le cynisme du couturier, notamment envers les femmes…

Pour ce film qui se déroule dans le milieu de la haute couture, Becker s’inspire de son enfance, et non d’un roman ou d’un fait divers : sa mère travaillait dans une maison de couture. On retrouve le goût du détail et du réalisme du cinéaste, qui s’inspire de souvenirs personnels pour décrire la fabrication d’une collection, les ateliers de confection, les salons d’essayage. « Le personnage de Solange représente une figure maternelle et protectrice qui ne cesse d’essayer de maintenir coûte que coûte la viabilité de l’entreprise malgré les décisions impulsives et imprévisibles du couturier Clarence », écrit Claude Naumann dans son Jacques Becker (BiFi/Durante, 2001). Car le père de Becker n’était pas non plus un gestionnaire des plus sages, et avait la réputation d’être un véritable Don Juan. Face à ce type d’homme, le personnage de Micheline, jeune provinciale quelque peu naïve, apprend à affirmer son désir et peu à peu s’émancipe, comme les femmes françaises l’ont fait. Micheline refuse le rôle de simple objet érotique – on pense, dans un tout autre style, aux personnages féminins de Lubitsch, entre autres à La Huitième femme de Barbe Bleue. Citons Jean Douchet : « Clarence est un homme qui aime la collection des femmes. Il possède au moins six robes dans son armoire [qui portent chacune une étiquette avec le nom d’une femme et les dates de la liaison.] Tout son délire obsessionnel vient du fait qu’il ne s’attache qu’au fétichisme de la femme. Il ne peut aimer que l’impossibilité de la femme. » Raymond Chirat remarque chez Jacques Becker « son amour du joli détail, sa manière un peu nonchalante de raconter, sa façon de contempler une silhouette promptement esquissée. Becker y ajoute cet art qui lui est propre de donner du chic, comme on disait alors, au prétexte le plus mince. » (La IVe République et ses films, Hatier, 1985).

 

MÉTAPHORE

Comme le cinéma, la haute couture est un art collectif. Et comme le producteur André Halley des Fontaines pourrait peut-être le dire à Jacques Becker, Daniel Rousseau s’adresse ainsi à Clarence, dont il est à la fois l’ami et le fournisseur : « Tu t’imagines que notre métier consiste à se couper en quatre pour des artistes de ton espèce, à ouvrir des crédits illimités quand ils ne sont même pas solvables ?! »

 

TOURNAGE

Le tournage débute en mars 1944, sous l’Occupation. À cette période, en journée, l’électricité est réservée aux usines : le tournage doit se faire la nuit. Micheline Presle s’est un jour effondrée en pleurant de fatigue. Elle affirma toutefois que ce fut un moment les plus heureux de sa carrière.

 

BECKER ET LES COMÉDIENS

Jacques Becker et Raymond Rouleau s’opposèrent sur la perception du personnage de Clarence. Claude Boissol, le premier assistant, se souvient : « Une nuit (ou peut-être deux), Jacques Becker a fait vider le plateau pour rester seul avec Raymond Rouleau et ils ont conversé pendant deux heures sur le sens psychologique et sur la traduction de la folie. Ils se sont mis d’accord sur sa traduction dans des gestes et des regards. Je crois que c’est lui, Becker, qui m’a le plus appris en ce qui concerne la direction d’acteur. »

 

VOCATION

Jean-Paul Gaultier affirme que sa vocation de couturier est née suite à la vision de Falbalas qui l’a bouleversé. Il envoie ses premiers croquis à Pierre Cardin peu après avoir vu le film. Des années plus tard, France 5 a demandé à Tonie Marshall, la fille de Micheline Presle, de réaliser un documentaire sur le grand couturier qui s’intitulera Les Falbalas de Jean-Paul Gaultier. Tonie Marshall, une habituée du Festival Lumière, dont l’un des films favoris est… Falbalas.

 





Falbalas
France, 1945, 1h35, noir et blanc, format 1.37

Réalisation : Jacques Becker
Scénario : Maurice Aubergé, Maurice Griffe, Jacques Becker
Dialogues : Maurice Aubergé, Jacques Becker
Assistant à la réalisation : Marc Maurette, Claude Boissol, Stellio Lorenzi
Musique : Jean-Jacques Grünenwald
Montage : Marguerite Renoir
Décors : Max Douy
Costumes : Marcel Rochas (robes) et Gabrielle (chapeaux)
Production : Essor Cinématographique Français

Interprètes : Raymond Rouleau (Philippe Clarence), Micheline Presle (Micheline Lafaurie), Jean Chevrier (Daniel Rousseau), Gabrielle Dorziat (Solange), Françoise Lugagne (Anne-Marie), Jeanne Fusier-Gir (Paulette), Jane Marken (Mme Lesurque), Christiane Barry (Lucienne), Rosine Luguet (Rosette Lesurque), Marcelle Hainia (Juliette), François Joux (Murier)

Sortie en France : 20 juin 1945

Distributeur : Les Acacias pour StudioCanal

Copie restaurée par Studio Canal. La restauration du son a été refaite par Diapason pour Lumière 2011. Concernant l’image, la copie provient d’un marron et d’une copie nitrate en décomposition. Un élément safety a également été tiré.





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