1900

Bernardo Bertolucci

France, Italie, Allemagne de l’Ouest, 1976


En Émilie, sur les terres de la famille Berlinghieri, deux enfants naissent le même jour au cours de l’été 1900. Le premier, Olmo (Gérard Depardieu), est celui du patriarche-métayer (Sterling Hayden). Le second, Alfredo (Robert de Niro), est le petit-fils du patriarche-propriétaire (Burt Lancaster). La mort de leurs grands-pères respectifs sonne l’aube d’un vingtième siècle qui sera celui des affrontements idéologiques et économiques, des Ligues d’ouvriers agricoles, du socialisme naissant et du fascisme triomphant. Devenus hommes, Olmo et Alfredo vont grandir, unis et séparés par leur origine, leur jeunesse, leurs amours, leurs destin...

Grâce au succès planétaire de son film précédent, Le Dernier Tango à Paris (1972), Bernardo Bertolucci peut enfin réaliser, le projet auquel il pense depuis plusieurs années, et en fait un chef-d’œuvre. À l’origine, il devait réaliser six épisodes pour la télévision mais l’audace du scénario et l’engagement politique du propos conduisent le projet sur le grand écran. Bertolucci regrettait le titre étranger du film, 1900, qui le réduisait à une date : le titre original, Novecento, évoque un siècle et c’est de cela dont il s’agit. Tourné au rythme des saisons (l’été pour l’enfance et l’adolescence, l’automne et l’hiver pour les heures noires du fascisme, le printemps pour la Libération et l’espoir), c’est une fresque politique, dont le tempo dramatique recoupe tous les bouleversements sociaux du XXe siècle. Novecento ressemble au mariage de l’esthétique hollywoodienne et du lyrisme du grand cinéma soviétique. Bertolucci a choisi l’Émilie parce qu’ « elle est la plus “rouge” d’Italie, avec les descendants des premiers socialistes et des premiers communistes du pays. Elle a su gagner ce privilège en luttant sur un plan politique. Je crois que c’est à travers le marxisme, la force révolutionnaire, que les gens de cette région ont su conserver tout ce qu’une société de consommation et le néo-capitalisme soi-disant démocratique ont détruit ailleurs, à la ville en particulier, et que l’on peut appeler “culture populaire”. » Le film sort en 1976, au beau milieu des années de plomb. Un an auparavant, en 1975, les groupuscules révolutionnaires ont échoué aux élections, et le PC Italien a passé un accord avec la Démocratie Chrétienne : beaucoup d’électeurs se sentent trahis, et les terrorismes d’extrême gauche et d’extrême droite se radicalisent. Dernière chose : tout en restant profondément italien, le film rassemble des acteurs internationaux de premier ordre, épatants du début à la fin (outre Depardieu, Robert De Niro, Burt Lancaster, Dominique Sanda, Donald Suntherland, etc.).

 

DEPARDIEU SUR BERTOLUCCI

« Bernardo un grand poète comme Victor Hugo était un poète. Il fait partie de tous ces metteurs en scène, comme Pasolini, qui ont des rapports sociaux et politiques avec l’art et le cinéma. 1900, c’est vraiment un film populaire comme Les Misérables. Ce n’est pas forcément son histoire, mais en tout cas c’est celle qu’il connaît le mieux, puisqu’elle se passe en Italie du Nord, là où il est né. Bertolucci est un nouveau poète. Je dis “nouveau” dans le sens où la poésie d’aujourd’hui se révèle différente de celle d’antan. Il met son expérience d’une certaine technique dans le cinéma et on peut aussi être poète avec ces moyens-là. Au niveau de la caméra, de la sensation, de l’émotion et du danger. »

 

IL QUARTO STATO

La magnifique peinture qui ouvre le générique est il Quarto Stato de Giuseppe Pellizza da Volpedo (1868-1907). Le tableau a été réalisé en 1901. Le titre signifie littéralement « le Quart-état », qui peut désigner le sous-prolétariat, dans le prolongement du Tiers-état. La toile est conservée au Museo des Novecento, dans le Palazzo dell’Arengario in piazza Duomo de Milan.

 

CENSURE

A sa sortie, le film fut interdit aux moins de 18 ans, à cause de la violence de certaines séquences, ainsi que de scènes de sexes. Déjà le film précédent de Bertolucci, Le Dernier Tango à Paris avec Marlon Brando et Maria Schneider, avait été classé X dans plusieurs pays européens, notamment en France, où les associations familiales s’étaient déchaînées.

 





1ère partie : 2h49
2ème partie : 2h26 
Entracte entre les deux parties, restauration possible sur place.
En cas de places disponibles le jour-même, guichet ouvert pour la deuxième partie.

 

 

1900
(Novecento)
France, Italie, Allemagne de l’Ouest, 1976, 5h15, couleur, format 1.66

Réalisation : Bernardo Bertolucci
Scénario : Bernardo Bertolucci, Franco Arcalli, Giuseppe Bertolucci
Photo : Vittorio Storaro
Musique : Ennio Morricone
Direction artistique : Ezio Frigerio
Montage : Franco Arcalli
Décors : Maria Paola Maino
Costumes : Gitt Magrini
Production : Alberto Grimaldi

Interprètes : Gérard Depardieu (Olmo Dalco), Robert de Niro (Alfredo), Dominique Sanda (Ada Fiastri), Burt Lancaster (Alfredo Berlinghieri), Laura Betti (Regina), Sterling Hayden (Leo Dalco), Stefania Sandrelli (Anita Foschi), Donald Sutherland (Attila), Alida Valli (Signora Pioppi)

Sortie en Italie : 16 août 1976
Sortie en France : 1er septembre 1976

Version en langue italienne avec sous-titres français

Provenance de la copie : Cineteca di Bologna (Italie)





Diaporama :
 : 1900  : 1900  : 1900  : 1900  : 1900
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