Rendez-vous de juillet

Jacques Becker

France, 1949


Séance exceptionnelle le Alpha Cinéma
Les amours, les amitiés, les aspirations professionnelles, les réactions familiales d’une bande de jeunes gens fréquentant Saint-Germain-des-Prés dans le Paris de l’après-guerre : l’un écrit pour le théâtre, un autre joue du jazz, deux jeunes filles veulent devenir actrices... Parmi eux, Lucien Bonnard (Daniel Gélin), étudiant en ethnographie, veut organiser une expédition en Afrique…

Le jazz est la passion de Becker. Il fréquente le Lorientais, une boîte de Saint-Germain-des-Prés, où joue Claude Luther, qui joue lui-même avec Sydney Bechet. Comme Becker prépare Rendez-vous de juillet, il demande à Luther d’y jouer son propre rôle. Après les paysans et les ouvriers, après les gens de la mode, nous voici plongés dans le Paris d’après-guerre, au milieu de la jeunesse de la Libération, avide de vivre sans contraintes. Une fois la caméra posée, l’équipe reste ensemble le soir, pour aller dans les caves de Saint-Germain-des-Prés, qui servent de cadre au film. Jean Becker, le fils de Jacques, a une quinzaine d’années à l’époque. Trop jeune pour participer au film, il se faufile pour observer le tournage et se souvient d’avoir été fasciné par son ambiance bouillonnante et heureuse. La première version du scénario était sombre : deux petits trafiquants faisaient des promesses à deux jeunes comédiennes dans le but d’abuser d’elles ; à la fin du film, Thérèse était violée. Mais la production s’y oppose, les deux personnages masculins sont remodelés. Selon ses habitudes, Becker cherche de jeunes acteurs. Maurice Ronet, Nicole Courcel, Brigitte Auber débutent, et le rôle confié à Daniel Gélin va le révéler au grand public. On avait suggéré à Becker de prendre Dany Robin pour le rôle de Nicole Courcel, mais il veut une inconnue. On ressent là l’influence du néo-réalisme italien, pour lequel Becker a une grande admiration : sujets contemporains, vie quotidienne, acteurs non professionnels et jeu non théâtral des comédiens. Cette jeunesse, tout le monde en parle, mais personne ne l’a encore filmée. C’est ce que fera la Nouvelle Vague dix ans plus tard, influencée par ce film. Car si Becker est encore un cinéaste classique, il est une charnière entre les années cinquante et la Nouvelle Vague. Rendez-vous de juillet a obtenu le Prix Louis Delluc 1949 et le Prix de la critique du meilleur film 1951, décerné par Le Syndicat Français de la Critique de Cinéma.

 

LE CONNAISSEUR

Becker utilise dans le film une drôle de machine, une sorte de voiture amphibie dans laquelle se déplacent les jeunes gens. « Un jour, la voiture tombe en panne. On lui conseille d’appeler un garagiste, il fait : “Pas la peine, je connais.” Il savait tout. On était là à attendre, bien embêtés. On a attendu une demi-heure, trois quarts d’heure, parce que Jacques connaissait… Enfin, un garagiste est arrivé, et s’est aperçu qu’il n’y avait simplement plus d’essence. » (Jacques Becker, Claude Beylie et Freddy Buache, Festival International de Locarno, 1991)

 

FAIT RÉEL

L'expédition africaine dont parle le film a réellement eu lieu. Elle a été menée par deux jeunes hommes : Noël Ballif, que Jacques Becker a rencontré dans une cave de Saint-Germain-des-Prés et dont le personnage sera incarné par Daniel Gélin, et Francis Mazière qui aura un petit rôle dans le film et participera à la décoration de Rendez-vous de Juillet.

 

LA SCÈNE COUPÉE

Vers la fin du film, Lucien Bonnard et Roger Moulin montent un escalier, la minuterie s’éteint, ils n’arrivent pas à trouver le bouton. Surgit un locataire irascible : Louis de Funès. Scène finalement coupée au montage.

 





Rendez-vous de juillet
France, 1949, 1h52, noir et blanc, format 1.37

Réalisation : Jacques Becker
Scénario : Jacques Becker, Maurice Griffe
Dialogues : Jacques Becker
Assistant à la réalisation : Marcel Camus
Photo : Claude Renoir
Musique : Jean Wiener, dirigée par Ernest Guillou ; Claude Luter, Mezz Mezzrow avec Rex Stewart, Bernard Peiffer (jazz) ; Simone Langlois (chant)
Montage : Marguerite Renoir
Décors : Robert-Jules Garnier
Production : Union Générale Cinématographique, Société Nouvelle des Établissements Gaumont
Interprètes : Daniel Gélin (Lucien Bonnard), Maurice Ronet (Roger Moulin), Brigitte Auber (Thérèse Richard), Nicole Courcel (Christine Courcel), Pierre Trabaud (Pierre Rabut), Bernard La Jarrige (Guillaume Rousseau), Louis Seigner (Levase), Philippe Mareuil (François Courcel), Francis Mazières (Frédéric), Louisa Colpeyn (Betty), Émile Ronet (M. Moulin), Gaston Modot (le professeur)
Sortie en France : 23 décembre 1949

 

Distributeur : Les Acacias pour StudioCanal

Copie restaurée par Studio Canal d’après le marron tiré du négatif nitrate.





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