Dernier atout

Jacques Becker

France, 1942


Séance exceptionnelle le Alpha Cinéma
Dans un pays imaginaire d’Amérique latine, deux élèves de l’école des cadets de la police, Clarence (Raymond Rouleau) et Montès (Georges Rollin), bons camarades mais rivaux pour la nomination du major de la promotion, vont avoir l’occasion de se départager : le truand Amanito, ennemi public des États-Unis, est retrouvé mort dans un hôtel. On leur confie l’enquête, durant laquelle ils croiseront la route de Bella (Mireille Balin), une belle jeune femme, soeur d'un chef de gang…

Tout juste revenu d’un camp de prisonnier, c'est en 1942, donc en pleine Seconde Guerre mondiale que Becker réalise son véritable premier long métrage, Dernier atout, une comédie policière tournée dans la pure tradition américaine, qui emprunte à la fois à la comédie et au film de gangster. Mais si l’on sent l’admiration de Becker pour le cinéma américain, on retrouve également l’influence de Jean Renoir, dont il est le fils spirituel, et qui, d’après Becker « ignore à quel point sa personne et son destin l’ont influencé. » Auparavant, Becker a tourné deux courts métrages, un film de propagande pour le Parti Communiste et commencera un long métrage, L’Or du Cristobal, qui fut terminé par Jean Stelli et qu’il renia. Étant donnée la période, pour se protéger des occupants et de la censure, Becker choisit de situer son film à Carical, capitale d’un pays imaginaire qu’on devine être l’Amérique Latine – Max Douy, le décorateur, s’est inspiré des architectures urbaines de Buenos Aires et de Rio de Janeiro. Becker donne des instructions très précises à ce sujet et ne changera guère : il participera à l’écriture de quasiment tous ses films et travaillera également aux dialogues de certains d’entre eux. Pour soigner la force des expressions, il utilise dans de nombreuses scènes un objectif de 40mm, celui qui se rapproche le plus de l’oeil humain. Dès ce premier film, on remarque un thème qui restera cher au réalisateur tout au long de sa carrière : la difficulté d’affirmer son désir tout en faisant partie d’un groupe, le conflit entre l’individuel et le collectif. Ici, c’est Clarence (le personnage joué par Raymond Rouleau) qui, un brin marginal, préfère faire des mots-croisés que se joindre au groupe ; dans Goupi Mains Rouges, le film suivant, c’est le personnage éponyme qui allie regard critique et respect des coutumes.

 

BECKER ET RENOIR

C’est à l’occasion d’un séjour à Marlotte, où les parents de Becker fréquentent les Cézanne, que Jacques Becker rencontre Jean Renoir. Ils se découvrent deux passions communes : le jazz et le cinéma. Si leur collaboration commence dès 1926, c’est en 1931 que Becker passe pour la première fois, comme il le désire, derrière la caméra en étant l’assistant de Renoir sur La Chienne en 1931 puis sur Boudu sauvé des eaux l’année suivante.

 

LIBÉRATION DES CAMPS DE PRISONNIERS ALLEMANDS

Fait prisonnier en 1940 lors de la débâcle, Jacques Becker est emmené au camp de Hammerstein, Stalag 2B, en Allemagne. Geneviève Becker, sa première femme et la mère de ses trois enfants, raconte comment il a été libéré : il a simulé une crise d’épilepsie en se mettant du savon de Marseille sous la langue. Les Allemands, ayant eu peur de la maladie, ont préféré le renvoyer en France.

 

GÉNÉRIQUES

La rétrospective Jacques Becker donnera l’occasion d’une plongée dans le cinéma français des années quarante et cinquante, côté acteurs mais aussi côté scénaristes et techniciens. Un coup d’oeil au générique de Dernier atout permet d’en redire l’importance et d’en égrener les noms : Maurice Aubergé (scénariste de Falbalas pour Becker et surtout de La Vérité sur Bébé Donge de Decoin, 1952), Marguerite Renoir, Nicolas Hayer (le directeur de la photographie, qui travaillera avec Julien Duvivier, Louis Daquin ou Edmond T. Gréville), Pierre Bost (dont Bertrand Tavernier adaptera son court roman Monsieur Ladmiral va bientôt mourir sous le titre Un dimanche à la campagne, 1984), ou encore Max Douy dont Dernier atout est le troisième film d’une très longue carrière (le premier fut… La Règle du jeu, 1939).

 

JOUETS

Étant en période de guerre, il était impossible d’utiliser de vraies mitraillettes pour le tournage du film. Ce sont donc des jouets d’enfants qui ont été utilisés. Pour rendre l’image plus réaliste, la monteuse Marguerite Renoir, ancienne compagne et monteuse de Jean Renoir, a gratté le positif pour simuler les éclats des balles.

 





Dernier atout
France, 1942, 1h45, noir et blanc, format 1.37

Réalisation : Jacques Becker
Scénario : Maurice Aubergé, Louis Chavance, Jacques Becker, Maurice Griffe
Dialogues : Pierre Bost
Assistant à la réalisation : Marc Maurette
Photo : Nicolas Hayer
Musique : Jean Alfaro
Montage : Marguerite Renoir
Décors : Max Douy
Production : Essor Cinématographique Français

Interprètes : Raymond Rouleau Clarence), Mireille Balin (Bella Score), Pierre Renoir (Rudy Score), Georges Rollin (Montès), Noël Roquevert (Gonzalès), Jean Debucourt (Thomas), Catherine Cayret (Pearl), Gaston Modot (Toni Amanito), Maurice Baquet (Mickey), Clément Duhour (Setton), Maxime Fabert (le bijoutier soupçonneux), Roger Blin, Guy Decomble, Guy Denancy (des aspirants), René Stern (Roberto), Christian Argentin (le gérant de l'hôtel), Jean Didier (le chef des aspirants).

Sortie en France : 2 septembre 1942

Distributeur : Tamasa Distribution

Copie neuve retirée d’après le négatif conservé aux Archives françaises du film du CNC




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