Antoine et Antoinette

Jacques Becker

France, 1947


Séance exceptionnelle le Alpha Cinéma
Antoine (Roger Pigaut) et Antoinette (Claire Mafféi), jeune couple installé à Paris, mènent une vie modeste mais heureuse. Lui est ouvrier typographe, elle est vendeuse au photomaton d’un grand magasin. Ils rêvent du jour où ils pourront changer d'appartement et acheter un side-car. La chance survient lorsqu’Antoine trouve un billet de loterie gagnant dans le sac d’Antoinette. Mais, lorsqu’il se présente au bureau de la Loterie nationale, il s’aperçoit qu’il a égaré le billet…

Premier film d’après-guerre pour Becker, Antoine et Antoinette est l’histoire d’un jeune couple plutôt banal, amoureux, qui connaît quelques difficultés financières. Becker amorce une nouvelle période où il observera la société d'après la Libération à travers Rendez-vous de juillet en 1949, puis les autres « films de couple » Édouard et Caroline en 1951, Rue de l’Estrapade en 1953. Contrairement à beaucoup de cinéastes, Becker préfère filmer le couple « en train de se vivre qu’en train de se faire » (Claude Naumann, Jacques Becker, BiFi/Durante, 2001) : ce n’est pas la rencontre amoureuse qui l’intéresse, mais le quotidien du couple. Exceptée Marguerite Renoir, qui est sa monteuse depuis le début et qui le sera jusqu’à la fin, Jacques Becker collabore pour la première fois avec une femme (plus tard, il travaillera avec sa compagne Annette Wademant) : Françoise Giroud participe à l’écriture du scénario et des dialogues. On peut sentir son regard et son influence sur les personnages de femmes. Après le milieu paysan puis celui de la mode, Becker s’intéresse aux ouvriers, à leur quotidien, leurs loisirs, leurs difficultés, leurs espoirs. À l’origine, c’est Louise de Vilmorin, une amie de Jean Cocteau et de René Clair, qui proposa le sujet à Becker. Dans la version qu’elle suggère, le mari, ayant perdu le billet gagnant, n’ose pas rentrer chez lui et disparaît définitivement de la vie d’Antoinette, qui se remarie quelques années plus tard. Mais Becker trouve que cette version ne colle pas, il parle d’ « invraisemblance psychologique pour les Français .» Par contre, il transpose les traits de caractère de ce qu’aurait été le second mari, « un restaurateur du marché noir », au personnage de l’épicier, dont la bassesse va jusqu’à proposer à Antoine d’acheter Antoinette, objet de son désir. On retrouve dans ce film la passion de Becker pour les personnages de femmes : Antoinette, contrairement à Antoine, est détachée des problèmes financiers et matériels, elle trouve la liberté dans leur amour. C’est une femme qui tient tête et se révolte. Contrairement au film précédent, la critique réservera à Antoine et Antoinette un accueil très mesuré, discutant la crédibilité de la description du milieu ouvrier. Mais le public sera enthousiaste : le film remporte un grand succès populaire.

 

UN GESTE

Après que le regretté Pierre Trabaud (qu’on retrouve dans ce festival dans le rôle de l’instituteur de La Guerre des boutons) eut fait un essai pour le rôle de Riton, un directeur de production le convoqua et lui dit : « Vous êtes deux sur le rôle, alors si vous êtes raisonnable… », sous-entendant ainsi qu’il ne devait pas être exigeant en matière de salaire. Un jour, durant le tournage, Trabaud demande à Becker qui est l’autre acteur à ne pas avoir eu le rôle. « Quel autre ? », lui demande Becker. Trabaud lui explique. À la fin des sept jours de tournage de Trabaud, Becker lui dit : « Riton, demain, maquillé neuf heures ! » Une manière de rattraper l’attitude du producteur.

 

L’ERREUR

Quand Becker remporta à Cannes le « Grand Prix des films psychologiques et d'amour » en 1947 (il y eut beaucoup de prix cette année-là – la Palme d’or n’existait pas encore), beaucoup de photographes prirent des clichés d’André Lafargue, un critique, pensant que c’était Jacques Becker. Et lorsque Becker fut récompensé, ce sont les photos de Lafargue qui furent publiées dans certains journaux.

 

SÉANCE SPÉCIALE

En 1947, le Gaumont Palace, un ancien cinéma qui se trouvait rue Caulaincourt dans le 18e arrondissement de Paris, organisa une séance spéciale où tous ceux qui portaient le prénom des deux personnages principaux pouvaient entrer gratuitement !

 





Antoine et Antoinette
France, 1947, 1h38, noir et blanc, format 1.37

Réalisation : Jacques Becker
Scénario et dialogues : Jacques Becker, Maurice Griffe, Françoise Giroud
Assistant à la réalisation : Maurice Griffe et Marcel Camus
Photo : Pierre Montazel
Musique : Jean-Jacques Grünenwald
Montage : Marguerite Renoir
Décors : Robert-Jules Garnier
Production : Société Nouvelle des Établissements Gaumont

Interprètes : Roger Pigaut (Antoine Moulin), Claire Mafféi (Antoinette Moulin), Noël Roquevert (M. Roland), Annette Poivre (Juliette), Pierre Trabaud (Riton), Gaston Modot (le caissier de la Loterie nationale), François Joux (le marié), Paulette Jan (Huguette), Huguette Faget (Aline, la mariée)

Sortie en France : 24 octobre 1947

Distributeur : Gaumont

Copie restaurée par Gaumont pour Lumière 2011, images étalonnées et restaurées en 2K d’après le négatif original, et son restauré d’après éléments originaux




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