Danton

Andrzej Wajda

France, Pologne, Allemagne de l’Ouest, 1983


Séance exceptionnelle le Alpha Cinéma
Eté 1793, la Révolution française est divisée. Pour combattre les ennemis de la Révolution, le Comité de salut public, inspiré par Robespierre (Wojciech Pszoniak), instaure la Terreur le 5 septembre. Inquiété par les nouvelles qui lui arrivent de la capitale, Danton (Gérard Depardieu) rejoint Paris pour essayer de rétablir la paix. Mais entre Danton et Robespierre, le compromis est impossible…

Le film fit à l’époque de sa sortie grand bruit, pour ses qualités propres et pour la comparaison avec la situation politique polonaise qu’il inspirait, alors que le général Jaruzelski régnait à Varsovie. Danton fut d’abord affaire de théâtre. Gérard Depardieu a été l’un des premiers à applaudir Andrzej Wajda à Paris alors qu’il montait Ils, de Witkiewicz, dans laquelle jouait Wojciech Pszoniak. Et c’est au théâtre qu’Andrzej Wajda a vu Gérard Depardieu pour la première fois aux côtés de Wojciech Pszoniak, dans Les Gens déraisonnables sont en voie de disparition de Peter Handke, mis en scène par Claude Régy au Théâtre des Amandiers (et qu’il joua au TNP à Villeurbanne). Pour Andrzej Wajda, « le théâtre est une vérification de la vérité. Lorsque je vois un comédien au théâtre, je ne peux pas me tromper ; lorsque j’ai vu Depardieu tenir un monologue sur scène pendant vingt minutes, je me suis dit : voici un artiste que je DOIS rencontrer. » Danton est une adaptation de L’Affaire Danton, d’après Wajda, l’un des plus beaux textes sur la Révolution française, pourtant inconnu en France. « À la lecture du scénario, raconte Jean Prodromidès qui signa la musique, l’affrontement des caractères tout autant que le conflit idéologique qui oppose Danton et Robespierre m’apparut comme le reflet des pulsions profondes et contradictoires qui animent la foule révolutionnaire, enjeu du combat des deux hommes. Foule changeante, inconstante et manipulée, très proche à mes yeux de celle qui, après un choral d’adoration, est capable de crier “crucifiez-le” dans La Passion selon Saint-Jean de Jean-Sébastien Bach. C’est dans cet esprit que nous avons envisagé le rôle de la musique. » Gérard Depardieu enthousiasme public comme critique, dont Serge Toubiana, à l’époque rédacteur en chef des Cahiers du cinéma : « Il réussit à emphatiser à merveille, à accompagner son texte de gestes, à donner de l’écho à sa parole, comme à l’époque du muet où les grands acteurs jouaient des effets de robe ! »

 

COULEUR

Étant donnée la tonalité violente du film, et souhaitant s’inspirer de la peinture de David, Wajda et Luther ont utilisé des couleurs très froides et un clair-obscur très franc. Ils ont supprimé le jaune, couleur ensoleillée, pour développer le noir et le blanc, et des bleus et verts sombres.

 

FABLE

Pour illustrer la manière dont son mari Andrzej Wajda concevait son rapport à ce film, Krystyna Zachwatowicz racontait la fable suivante : « Un jour, un homme trouve une très belle perle. Il va trouver plusieurs bijoutiers et leur demande de la percer. Mais tous refusent, arguant que la tâche est trop délicate. Enfin, un bijoutier accepte ; il va chercher un petit garçon et lui confie l’ouvrage. Alors que l’homme s’inquiète, le bijoutier lui répond : “Lui ne connaît pas la valeur de cette perle !” »

 

TOURNAGE

Étant donnée la situation politique de la Pologne, c’est-à-dire l’état de siège instauré en 1981 et la répression qui y régnait depuis, l’intégralité du tournage a été réalisée au château de Guermantes, en Seine-et-Marne.

 

FIGURANTS

Wajda demanda à la production de trouver des acteurs de théâtre (ce sera ceux des Théâtre du Lierre et de l’Aquarium) pour encadrer ces deux cents figurants, afin de lancer les mouvements de foule et les répliques.

 

RÉACTIONS

En janvier 1983, de nombreuses personnalités du Parti socialiste avaient réagi de manière un peu froide à la suite de la projection du film au Palais Bourbon : « Andrzej Wajda n’a pas pris la peine de lire les nombreux travaux consacrés à la Révolution. La représentation de Robespierre est par exemple caricaturale » déclarait un socialiste. Un attaché parlementaire appuyait : « Il n’est pas possible de ne pas voir l’analogie avec la période actuelle. Les nombreuses scènes de la Terreur, les images appuyées sur la guillotine, permettront à certains mauvais esprits de rappeler au public les coupeurs de tête du congrès de Valence. » Ben ouais…

 





Danton
France, Pologne, Allemagne de l’Ouest, 1983, 2h16, couleur, format 1.66

Réalisation : Andrzej Wajda
Scénario : Jean-Claude Carrière d’après L’Affaire Danton de Stanislawa Przybyszewska
Photo : Igor Luther
Musique : Jean Prodromidès
Montage : Halina Prugar-Ketling
Décors : Allan Starski
Costumes : Anne de Laugardière, Wiesawa Starska
Production : Margaret Ménégoz

Interprètes : Gérard Depardieu (Danton), Wojciech Pszoniak (Robespierre), Anne Alvaro (Eléonore), Roland Blanche (Lacroix), Patrice Chéreau (Camille Desmoulins), Emmanuelle Debever (Louison Danton), Krzysztof Globisz (Amar)

Sortie en Pologne : le 31 janvier 1983
Sortie en France : 12 janvier 1983

Distributeur : Gaumont

Copie restaurée en numérique 2K par Gaumont en 2011




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