Les Aventures d'Arsène Lupin

Jacques Becker

France, Italie, 1957


Séance exceptionnelle le Alpha Cinéma
Trois aventures du plus célèbre cambrioleur de la littérature, trois cambriolages de haut vol. Au cours d’une réception mondaine, deux tableaux de maître sont dérobés par un diplomate italien à la faveur d’une panne d’électricité ; un viticulteur bordelais vole des bijoux d’une grande valeur ; Arsène Lupin (Robert Lamoureux), enlevé par la garde du Kaiser (O.E. Hasse), doit découvrir la cachette que celui-ci a fait construire par ses ingénieurs pour y dissimuler ses trésors…

Les Aventures d’Arsène Lupin n’a pas été un projet de Jacques Becker, mais une proposition de François Chavane, le producteur de Rue de l’Estrapade, qui avait acquis les droits de certains romans de Maurice Leblanc. Chavane voulait adapter L’Aiguille creuse, Becker préférait Gentleman cambrioleur. Finalement une adaptation totalement libre, inspirée de l’univers du romancier, sera écrite par Jacques Becker et Albert Simonin, puis adaptée au cinéma. La production impose Robert Lamoureux, acteur très populaire à l’époque (Papa, maman, la bonne et moi, Jean-Paul Le Chanois, 1954), dans le rôle d’Arsène Lupin. Becker préfèrait tourner avec des acteurs peu connus, mais après l’exubérance de Fernandel, Becker trouve l’acteur parfait : « Sympathique, parisien, malicieux et mince. » Jacques Becker a failli jouer dans le film : il a tourné quelques scènes dans le rôle de Guillaume II, s’est enfermé le soir dans la salle de montage, et en est ressorti en disant : « Appelez O.E. Hasse ! » – qu’on a déjà vu auparavant dans La Loi du silence (I Confess, Alfred Hitchcock, 1953). Comme on l’imagine, c’est le personnage d’Arsène Lupin, son comportement, sa finesse et sa distinction opposées à une société superficielle, qui intéressent Becker. Les vols, l’intrigue passent au second plan. Becker fait un travail d’orfèvre sur les décors, il a l’oeil à tout : un flacon de parfum, un meuble, les couleurs – c’est son second et dernier film en couleur. Comme le remarque Claude Naumann, on constate le plaisir et l’attention de Jacques Becker lorsqu’il filme les gestes : ceux de Manda le charpentier, ceux d’Arsène Lupin le cambrioleur. André Bazin voit dans ce film un pendant drôle et enlevé de Casque d’Or : les deux films se situent à la Belle Époque, mais dans des milieux et des contextes tout à fait différents. Si la critique regrette le manque d’ambition du réalisateur, elle fait une fois de plus l’éloge de la direction d’acteurs : on se délecte devant un Robert Lamoureux illusionniste, élégant, brillant, gouailleur à souhait.

 

RENCONTRE

C’est en cherchant une actrice pour le rôle secondaire de Mathilde Duchamp qu’il va rencontrer Françoise Fabian. Il ne la prendra pas comme actrice dans le film mais pour femme en 1958 : quelques mois après que Jacques Becker ait terminé le tournage, ils se revoient par hasard. « Nous nous sommes croisés dans un restaurant de l’Alma. Quand je suis sortie du restaurant il m’attendait, et nous ne nous sommes plus séparés », raconte Françoise Fabian.

 

TOURNAGE

Le tournage a lieu du 3 juillet au 1er septembre 1956. Certains extérieurs sont tournés au château du Haut-Koenigbourg, en Alsace, qui avait déjà servi de décor à La Grande illusion de Jean Renoir (1937), film sur lequel Becker était assistant réalisateur.

 

LA COLÈRE

En tout début de carrière, Jacques Becker dit à Marc Maurette : « Écoute, je te préviens, dès les premiers jours de tournage, je t’engueulerai très fort, car il faut que j’établisse mon autorité. » Il n’en fit rien. Mais un jour, sur le tournage des Aventures d’Arsène Lupin, il pique une colère monstre : il avait demandé qu’on lui fabrique des pupitres, or ils sont instables. Sa fille Sophie, qui travaille pour la première fois avec son père, explique : il avait en partie renouvelé son équipe, travaillait avec des débutants et cela l’angoissait terriblement. L’une des rares exceptions qui ait confirmé cette règle : d’après nombre d’acteurs et de collaborateurs, Becker était un homme courtois et élégant





Les Aventures d’Arsène Lupin
France, Italie, 1957, 1h44, couleur, format 1.37

Réalisation : Jacques Becker
Scénario : Jacques Becker, Albert Simonin d’après l’oeuvre de Maurice Leblanc
Dialogues : Jacques Becker, Albert Simonin
Assistant à la réalisation : Serge Witta, Jean-François Hauduroy
Photo : Edmond Séchan
Musique : Jean-Jacques Grünenwald
Montage : Geneviève Vaury
Décors : Rino Mondellini
Costumes : Anne-Marie Marchand, Marcelle Desvignes, Paulette Coquatrix
Production : Cinéphonic, Société Nouvelle des Établissements Gaumont, Lamber Films, Film Costellazione
Interprètes : Robert Lamoureux (Arsène Lupin), Liselotte Pulver (Mina von Kraft), O.E. Hasse (le Kaiser Guillaume II), Daniel Ceccaldi (Jacques Gauthier), Georges Chamarat (l’inspecteur Lucien Dufour), Huguette Hue (Léontine Chanu), Renaud Mary (Paul Desfontaines), Sandra Milo (Mathilde Duchamp), Paul Muller (Rudolf von Kraft), Henri Rollan (Emile Duchamp), Margaret Rung (l’Américaine), Pierre Stéphen (Clérissy)
Sortie en France : 22 mars 1957


Distributeur : Gaumont

Copie restaurée par Gaumont pour Lumière 2011, images étalonnées et restaurées en 2K d’après le négatif original, et son restauré d’après éléments originaux




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