Loulou

Maurice Pialat

France, 1980


Séance exceptionnelle le Alpha Cinéma
Séance exceptionnelle le Alpha Cinéma
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Dans un bal, André (Guy Marchand), petit bourgeois jaloux, gifle, après lui avoir fait de violents reproches, Nelly (Isabelle Huppert), sa femme, parce qu’elle s’amuse trop à son gré. Nelly rencontre alors Louis (Gérard Depardieu), dit Loulou, un jeune loubard allergique au travail. Elle passe la nuit avec lui. Quand elle revient chez elle au matin, André la chasse sans ménagement, puis la rappelle. Mais elle décide de vivre avec Loulou…

Sauvage et intransigeant, Pialat s’est tenu à l’écart des modes et des vagues, nouvelles ou modernes. En se débarrassant de la psychologie, de l’effet, de l’inauthentique, il s’est rendu inimitable. En particulier sur un point : la mise en scène. « Loulou est le film le plus étonnant, le plus novateur, le plus maîtrisé des films de Pialat » écrivit Jacques Siclier dans Le Monde à la sortie. D’ailleurs, les critiques furent unanimes et plusieurs parlent de chef-d’œuvre. Le film prend aujourd’hui une résonance singulière : Loulou, ni profiteur ni révolté, n’a pas envie de travailler et laisse son beau-frère ne lui parler que d’argent. Si Nelly passe la nuit avec lui, ce n’est pas pour s’encanailler ; se sentant prisonnière des contingences sociales, elle réapprend à ses côtés la liberté et la disponibilité. Avec Loulou, le cinéma français prends à bras le corps la condition sociale, l’habitat, l’habillement, le salaire, les rapports familiaux. Comme souvent chez Pialat l’intraitable, le tournage fut difficile. Sur Europe 1, Gérard Depardieu s’en prit violemment à lui : « Travailler là-dedans demande de la santé, et je pense que l’histoire qu’il a eue autrefois avec Jean Yanne n’est pas un hasard. Je connais bien l’aristo, Pialat c’est quelqu’un qui est difficile à surmonter. Moi, j’ai décidé de m’en foutre et de l’enfoncer un peu plus, et de lui dire : tout ça c’est de la merde, ce qu’on fait. » Interrogée sur la question, Isabelle Huppert parle d’un tournage douloureux : « C’est grâce à ça, ou à cause de ça, que Loulou a cette ambiance moite, trouble, physique, fantastique ! Je m’étais volontairement mise en état de cécité, je lui faisais aveuglément confiance. Je savais que nous faisions quelque chose de bien. Alors vraiment, oui, peu m’importait la façon dont j’étais traitée pourvu qu’il y ait ce résultat. » Selon elle, « l’histoire de Loulou est notre histoire à tous, celle du désir. C’est une histoire universelle. »

 

COUPLES LEGENDAIRE

En 1974 déjà, Pialat propose à Depardieu un rôle dans La Gueule ouverte, mais Depardieu s’est déjà engagé auprès de Blier pour Les Valseuses. Il faudra attendre Loulou en 1980 pour que Depardieu tourne dans un film de Pialat. Ils tourneront encore Police en 1985, Sous le soleil de Satan en 1987 et Le Garçu en 1995.

 

SUR PIALAT

Revenant sur leur dispute, Depardieu écrivit plus tard : « Tu avais l’art de toucher où ça fait mal, d’inciser les névroses à vif. Alors évidemment, je me suis défendu comme j’ai pu à la sortie. C’est un peu ça, je t’ai attendu à la sortie, à la sortie de Loulou. J’ai craché ma douleur, ma révolte à la presse. Je ne regrette rien. Mais tu avais bien eu raison de m’envoyer valser dans les cordes. Figure-toi que j’ai attendu deux ans avant de voir Loulou. A la projection, j’ai tout compris. Toi aussi sans doute. On aurait bien du mal à se passer l’un de l’autre. Entre toi et moi, c’est à la vie à la mort. »

 

NOMINATIONS

Loulou a été nominé trois fois aux César en 1981 : meilleur film français, meilleure actrice pour Isabelle Huppert, meilleur acteur dans un second rôle pour Guy Marchand. Mais cette année-là, une grande partie des récompenses est raflée par Le Dernier métro.

 

UNE RENCONTRE DES RENCONTRES

Isabelle Huppert et Gérard Depardieu se rencontrent au cinéma sur Les Valseuses, en 1974, où Isabelle Huppert incarne une très jeune fille, à qui Dewaere et Depardieu font découvrir dans un cadre champêtre ses premiers plaisirs amoureux.

 





Loulou
France, 1980, 1h57, couleur, format 1.66

Réalisation : Maurice Pialat
Scénario et dialogues : Arlette Langmann, Maurice Pialat
Assistant à la réalisation : Patrick Grandperret, Dominique Bonnaud, Pierre Wallon
Photo : Pierre William Glenn, Jacques Loiseleux
Montage : Pascale Granelle, Corinne Lazare, Luigi De Angelis
Costumes : Dorothée Nonn
Décors : Max Berto
Production : Paul Claudon, Georges Dancigers, Alexandre Mnouchkine
Interprètes : Isabelle Huppert (Nelly), Gérard Depardieu (Loulou), Guy Marchand (André), Humbert Balsan (Michel), Bernard Tronczyk (Rémy), Christian Boucher (Pierrot), Frédérique Cerbonnet (Dominique), Jacqueline Dufranne (Mémère)
Sortie en France : 3 septembre 1980
Interdit aux moins de 12 ans

 

Distributeur : Gaumont





Diaporama :
 : Loulou  : Loulou  : Loulou  : Loulou  : Loulou
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Séances



Samedi 09 mars à 20h30, ITUT LUMIERE / HANGAR / LYON 8
Dimanche 10 mars à 14h30, ITUT LUMIERE / HANGAR / LYON 8
Mardi 12 mars à 17h00, ITUT LUMIERE / HANGAR / LYON 8




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