La guerre des boutons

Yves Robert

France, 1h33


Séance exceptionnelle le Alpha Cinéma
Depuis des temps immémoriaux, à chaque rentrée des classes, les écoliers de Longeverne déclarent la guerre à ceux de Velrans. Cette fois, les troupes face à face sont commandées par deux des jeunes chefs les plus vaillants qu’on n'ait jamais connus : le Grand Lebrac et l’Aztec des Gués. Les Longeverne font un prisonnier, et afin qu’il se fasse rosser par ses parents, ils lui arrachent toutes ses boutonnières. à l’avenir, pour éviter cette humiliation, la guerre se fera nu…

Parce que les droits du roman de Louis Pergaud tombent dans le domaine public, La Guerre des boutons est l’objet en cet automne 2011 d’un vif regain d’intérêt à tel point que deux nouvelles adaptations sont en cours, celles de Christophe Barratier (Les Choristes, 2004, Faubourg 36, 2008) et de Yann Samuell (Jeux d’enfants, 2003, L’âge de raison, 2010), qui devaient à l’origine sortir à la fin de l’automne. Il s’agissait donc, pour le festival Lumière, et pour la Gaumont qui propose une magnifique restauration, de (re)montrer au public (d’enfants mais pas seulement !) le film « original » avant que tout le monde s’embarque pour les versions 2011. Mais la promptitude des temps en aura décidé autrement : les films sortent en cette fin septembre – de fait, la projection à la Halle Tony Garnier, du légendaire film d’Yves Robert, aura lieu après. L’explication de cet engouement est simple : qui ne se souvient pas de Petit Gibus, apprenti guerrier au nez qui coule, prêt pour l’aventure malgré les genoux écorchés ? Qui a oublié son célèbre « Si j’aurai su j’aurai pas venu » ? Telle est l’enfance captée par Yves Robert, regard tendre mais jamais mièvre sur cette époque de la vie, ode à la jeunesse emplie de joie et de liberté, où l’émotion et le rire jaillissent naturellement. « J’ai rêvé éveillé La Guerre des boutons, écrivit Yves Robert dans ses mémoires. J’ai gardé en mémoire le bruit des galoches cloutées qui résonnaient sur le chemin gelé de l’école. Je suis un enfant de cette “guerre” et je crois bien que tout le monde s’y retrouve en voyant le film. » Tout le monde, oui, d’où l’immense succès populaire du film, à plus de neuf millions de spectateurs. Et la critique salua également l’œuvre en lui décernant le prix Jean Vigo en 1962. La Guerre des boutons touche du doigt des thématiques citoyennes et sociales, à hauteur d’enfants sans leur être uniquement destiné. Les inhibitions et les affronts quotidiens sont bien les leurs, mais les valeurs véhiculées résonnent largement, notamment à travers la valorisation de l’école laïque et républicaine (magnifique personnage de l’instituteur joué par Pierre Trabaud). Une sorte de pendant positif, jouissif et communautaire, à Sa Majesté des mouches (Lord of the Flies, Peter Brook, 1962) dans lequel des enfants naufragés sur une île, livrés à eux-mêmes, tentent en vain de créer une microsociété. Tout ça écrit dans les années dix (Louis Pergaud mourra à la guerre peu après) !

 

ADAPTATIONS

Il y a donc les deux versions 2011, qui font suite à celle d’Yves Robert. En France. Car il y eut un remake américain, réalisé en 1994 par John Roberts, intitulé… War of the Buttons (La Guerre des boutons, ça recommence) et dont l’action se déroule en Irlande.

 

TRANSPOSITION

Quelle serait la conclusion de l’histoire si la « guerre des boutons » avait lieu à notre époque ? C’est ce que le livre de Bertrand Rothé, enseignant à l’IUT de Sarcelles, a tenté de retranscrire en 2009. Sous la forme d’un roman-documentaire, l’auteur a enquêté auprès des autorités éducatives, judiciaires et de police afin de connaître le sort qui serait aujourd’hui alloué aux mêmes enfants. Verdict : trois ans de prison avec sursis pour Lebrac !

 

INTERDICTIONS 

À sa sortie en 1962, le film d’Yves Robert fut interdit en Suisse « aux filles et garçons de moins de seize ans ». S’en suivit une manifestation des jeunes helvètes qui envoyèrent quotidiennement, au Département de l’instruction publique à Genève, une enveloppe contenant une protestation signée et un bouton. Sans résultat. Les Etats-Unis aussi limitèrent sa diffusion.

 

LES ENFANTS AU CINÉMA

François-Guillaume Lorrain, à qui l’on doit, outre la chronique cinéma du Point, un beau roman intitulé L’Homme de Lyon (Grasset) publiera le 29 septembre toujours chez Grasset Les Enfants du cinéma où il évoque la postérité de tous ces jeunes acteurs vus dans des films français. Sur La Guerre des boutons, on apprend que le Petit Gibus alias Martin Lartigue est peintre et pratique la céramique dans les landes (et qu'il a conservé son béret du tournage !), que ses yeux ronds furent si populaires au Japon qu'il eut là-bas des marques de chocolat et de savon à son nom, et que son frère François Lartigue alias Grand Gibus est devenu chef-opérateur suite à son amitié sur le tournage avec André Bac, grand directeur de la photo du cinéma français. On apprend aussi qu'ils étaient les neveux par alliance d’Yves Robert, lequel vit son film refusé par tous les producteurs et distributeurs de Paris et ne trouva in extremis que quatre salles. Avant les 7 millions de spectateurs.

 

GÉNÉRIQUE

S’il vous plait, lisez le générique en entier. Tous ces noms sont ceux qui ont jalonné l’histoire du cinéma français des années cinquante aux années soixante-dix.

 





La Guerre des boutons
France, 1962, 1h33, noir et blanc, format 1.66

Réalisation : Yves Robert
Scénario : François Boyer, Yves Robert d'après le roman de Louis Pergaud
Assistant à la réalisation : Régis Forissier
Photo : André Bac
Musique : José Berghmans
Montage : Marie-Josèphe Yoyotte
Décors : Pierre-Louis Thévenet
Production : Daniel Delorme et Yves Robert

Interprètes : André Treton (Lebrac), Michel Isella (l’Aztec), Martin Lartigue (Petit Gibus), François Lartigue (Grand Gibus), Jacques Dufilho (le père Aztec), Yvette étiévant (la mère Lebrac), Michel Galabru (le père Bacaillé), Michèle Méritz (la mère Aztec), Jean Richard (le père Lebrac), Pierre Tchernia (Bédouin le garde champêtre), Pierre Trabaud (l'instituteur), Claude Confortès (Nestor le postier), Paul Crauchet (le père Tougueule)

Sortie en France : 18 avril 1962

 

Distributeur : Gaumont

Copie restaurée en numérique 2K par Gaumont en 2011.

 

Ressortie en salle le mercredi 12 octobre 2011

Séances



Samedi 05 novembre à 16h30, ITUT LUMIERE / HANGAR / LYON 8
Dimanche 06 novembre à 14h30, ITUT LUMIERE / HANGAR / LYON 8
Jeudi 26 décembre à 14h30, ITUT LUMIERE / HANGAR / LYON 8
Samedi 04 janvier à 14h30, ITUT LUMIERE / HANGAR / LYON 8




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