Le Jardin des Finzi-Contini

Vittorio De Sica

Italie, Allemagne, 1970


Séance exceptionnelle le Alpha Cinéma
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Italie, 1938. Le jardin des Finzi-Contini, un gigantesque parc qui entoure un manoir, appartient à une dynastie aristocratique et israélite de la ville de Ferrare. Alors que les mesures anti-juives se multiplient sous Mussolini, interdisant notamment les clubs sportifs aux membres non aryens, les Finzi- Contini refusent de voir la réalité en face. Ils accueillent des jeunes gens sur leurs courts de tennis dans le parc de leur demeure. C’est ainsi que Giorgio revoit Micòl, amie d’enfance et premier amour…

Le Jardin des Finzi-Contini est l’un des derniers films de Vittorio De Sica – entre autres : Sciuscia (1946), Le Voleur de bicyclette / Ladri di biciclette (1948), Umberto D (1952), Miracle à Milan / Miracolo a Milano (1951), Mariage à l’italienne / Matrimonio alla’italiana (1964). Et l’un des plus beaux – sans doute parce que le crépuscule qu’il évoque est aussi celui du cinéaste. Adapté du roman de Giorgio Bassani, le grand écrivain de la ville de Ferrare (où naquirent ses amis Michelangelo Antonioni et Primo Levi), la riche famille patricienne de la communauté juive locale qu’il décrit n’ouvre guère les portes de son domaine. Tout n’est qu’ordre et raffinement, luxe et beauté. Quand le couperet des lois raciales tombe, la famille décide d’élargir le droit de participer à son tournoi de tennis. Comme le roman, le scénario de Valerio Zurlini, qui devait à l’origine tourner lui-même le film, insiste sur les frontières sentimentales contaminées par le contexte politique. D’avoir choisi l’aristocratie permet de rompre avec l’idée répandue que la noblesse se soit protégée des tumultes de la guerre, dont la cruauté n’a que faire faire des appartenances. « La passivité des Finzi-Contini est un des atouts du film, bien qu’elle soit une agonie pour nous, écrit David Denby dans le New-York Times en 1972. Nous voudrions les secouer par les épaules. Cela faisait partie de l’élégance dans leur vie que de rester sourds aux alertes, de croire que l’antisémitisme, comme le mauvais goût, ne les atteindrait jamais. » Aux cotés d’Helmut Berger, qui joue son frère, Dominique Sanda, comédienne révélée en 1969 dans Une femme douce de Robert Bresson (et qu’on retrouve aussi dans 1900 de Bertolucci), est sublime en Micòl Finzi-Contini. La lumière, qui enveloppe d’éphémère les destinées, imprègne le film de douceur et de révolte. Le Jardin des Finzi-Contini a remporté plusieurs récompenses prestigieuses, dont l’Ours d’or au festival de Berlin en 1971 et l’Oscar du meilleur film étranger l’année suivante.

 

DEVOIR DE MÉMOIRE 

Vittorio De Sica : « Nous avons supporté le monstre du fascisme durant vingt ans, connu une guerre non voulue et assisté au massacre de sept millions de juifs. Il m’a semblé nécessaire de rappeler aux uns ou d’apprendre aux jeunes ce que furent les années 1940 en Italie. Je crois avoir été très explicite. »

 

CASTING
Gian-Maria Volonté refusé le rôle de Bruno car il le jugeait trop court, au grand courroux de De Sica qui demanda qu’on lui amène « n’importe quelle doublure avec une belle gueule ». Fabio Testi, acteur de westerns spaghetti, arriva donc sur le plateau.

 

HELMUT BERGER
L’an dernier, le festival Lumière accueillit Helmut Berger, l’inoubliable acteur de Luchino Visconti dont il présida la rétrospective avec Claudia Cardinale. L’homme se révéla charmant, précieux, érudit et participa joyeusement aux agapes du festival. Il sera donc de retour pour les présentations des séances du Jardin des Finzi-Contini.

 

LE NERF DE LA GUERRE
De son propre aveu en 1972, Le Jardin des Finzi-Contini est le meilleur film du réalisateur depuis Le Toit (Il tetto, 1956). « J’ai très souvent travaillé sans pouvoir vraiment choisir mes films, le vrai patron de l’entreprise étant le producteur, et l’argent. Les cinéastes italiens n’ont plus la liberté qu’ils avaient au moment du néo-réalisme. »

 





Le Jardin des Finzi-Contini
(Il giardino dei Fonzi-Contini)
Italie, Allemagne, 1970, 1h34, couleur (Eastmancolor), format 1.85

Réalisation : Vittorio De Sica
Scénario : Vittorio Bonicelli, Ugo Pirro d’après Giorgio Bassani
Assistant à la réalisation : Giorgio Treves
Photo : Ennio Guarnieri
Musique : Manuel De Sica
Montage : Adriana Novelli
Costumes et décors : Giancarlo Bartolini Salimbeni
Production : Documento Film (Arthur Cohn), CCC FIlmkunst – Berlino (Artur Brauner)
Interprètes : Lino Capolicchio (Giorgio), Dominique Sanda (Micòl Finzi-Contini), Fabio Testi (Bruno Malnate), Romolo Valli (père de Giorgio), Helmut Berger (Alberto), Camillo Cesarei (père de Micòl), Inna Alexeievna (grand-mère de Micòl), Katina Morisani (la mère de Micòl)
Sortie en Italie : 4 décembre 1970
Sortie en France : 8 décembre 1971

Distributeur : Ad Vitam






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